1. Introduction
Les inondations sont devenues l’un des risques naturels les plus récurrents et les plus destructeurs au Ghana, entraînant d’importantes pertes humaines, des déplacements de population, des dégâts aux infrastructures et des perturbations économiques. Bien que les inondations touchent différentes zones écologiques, la région métropolitaine du Grand Accra (GAMA) a connu des épisodes d’inondations de plus en plus fréquents et violents au cours des deux dernières décennies. Les fortes précipitations du 29 juin 2026 ont une nouvelle fois mis en évidence la vulnérabilité du pays, touchant sept régions, perturbant les moyens de subsistance et provoquant le déplacement de milliers d’habitants. Au 30 juin 2026, les rapports officiels faisaient état d’au moins 12 décès, de sept personnes portées disparues et d’environ 7 761 foyers touchés rien qu’à Accra (Appiah-Osei, 2026 ; GhanaWeb, 2026).
Les inondations catastrophiques au Ghana résultent de l’interaction entre des précipitations extrêmes et des défis de longue date liés au développement urbain. L’urbanisation rapide, l’empiétement sur les cours d’eau, l’insuffisance des infrastructures de drainage, la mauvaise gestion des déchets solides et l’application insuffisante des réglementations d’urbanisme ont accru l’exposition des personnes et des biens aux risques d’inondation (voir Mensah et Ahadzie, 2020). Par conséquent, si les précipitations extrêmes sont souvent à l’origine des inondations, l’ampleur de leurs répercussions reflète des défis plus larges en matière de développement et de gouvernance.
Les études existantes se sont largement concentrées sur les causes des inondations et sur les stratégies d’atténuation à long terme, telles que l’amélioration du drainage, l’aménagement du territoire et l’adaptation au changement climatique. En comparaison, les défis institutionnels rencontrés lors des interventions d’urgence une fois les inondations survenues ont fait l’objet d’une attention moindre. Or, compte tenu de la persistance des risques d’inondation et des difficultés pratiques liées au déplacement des habitations situées à proximité des cours d’eau, une préparation efficace aux catastrophes et des interventions d’urgence restent essentielles pour réduire le nombre de décès liés aux inondations.
Cet article examine les défis institutionnels rencontrés lors de la gestion des inondations survenues au Ghana en juin 2026. S’appuyant sur les points de vue de responsables de la planification, d’intervenants d’urgence, de responsables de la gestion des catastrophes et de chercheurs, il identifie les principales contraintes affectant la coordination, la capacité opérationnelle et la préparation aux situations d’urgence. En outre, l’article fait valoir que, bien que les inondations soient principalement dues à des précipitations extrêmes et à un développement urbain non durable, il est essentiel de renforcer la préparation et la coordination des institutions chargées de la sécurité et des situations d’urgence afin de réduire les conséquences humaines de ces catastrophes récurrentes.
2. Préparation aux inondations
Les gouvernements successifs du Ghana ont mis en œuvre diverses mesures visant à réduire les risques d’inondation, notamment la construction et l’extension de réseaux de drainage, le dragage des principaux cours d’eau tels que la rivière Odaw, la démolition des ouvrages construits dans les cours d’eau, des opérations de désenvasement, des campagnes de sensibilisation du public et l’élaboration de politiques nationales de gestion des catastrophes (voir Almoradie et al., 2020 ; Aniaggyei, 2023). Au niveau institutionnel, l’Organisation nationale de gestion des catastrophes (NADMO), les assemblées métropolitaines, municipales et de district (MMDAs), le Service national des pompiers du Ghana, les services de police du Ghana et d’autres organismes d’urgence ont été chargés de se préparer aux catastrophes, d’y répondre et de coordonner les activités de gestion des catastrophes.
Malgré ces efforts, des inondations continuent de se produire presque chaque année, en particulier dans la région métropolitaine du Grand Accra. Si des interventions structurelles restent nécessaires, elles n’ont pas éliminé le risque d’inondation, car l’urbanisation rapide, le développement continu dans les zones inondables et l’intensité croissante des précipitations continuent de prendre le pas sur les efforts d’atténuation. Par conséquent, la préparation aux inondations est devenue un volet tout aussi important de la gestion des risques de catastrophe. Conscientes que les inondations ne peuvent pas toujours être évitées, les institutions chargées des situations d’urgence doivent être suffisamment préparées pour réduire au minimum le nombre de victimes et protéger les communautés touchées.
Les inondations du 29 juin 2026 soulignent cette réalité. Au-delà de la mise en évidence des faiblesses des infrastructures urbaines, cette catastrophe a mis en lumière l’importance de la préparation institutionnelle, des capacités opérationnelles et de la coordination interinstitutionnelle dans le cadre des interventions d’urgence. Alors que le changement climatique accroît la probabilité d’événements météorologiques extrêmes, il est essentiel de renforcer la préparation des institutions chargées de la sécurité et des situations d’urgence grâce à une meilleure coordination, à une logistique adéquate, à une formation spécialisée et à une planification efficace des interventions d’urgence, afin de réduire le nombre de décès liés aux inondations et d’améliorer la résilience nationale face aux catastrophes (Behera, 2024 ; Buller, 2025).
3. Les défis institutionnels liés à la gestion des inondations
Afin de compléter l’analyse de la gouvernance des inondations au Ghana, cet article s’appuie sur les contributions de dix informateurs clés, sélectionnés de manière ciblée en raison de leur implication professionnelle dans la gestion des catastrophes, les interventions d’urgence et l’urbanisme. Parmi les participants figuraient deux urbanistes, deux agents des services de police du Ghana, deux agents du Service national des pompiers du Ghana, deux responsables de l’Organisation nationale de gestion des catastrophes (NADMO) basée à Ho, ainsi que deux chercheurs spécialisés dans la gouvernance urbaine et la gestion des catastrophes. Ces entretiens visaient à recueillir des points de vue d’experts sur les réalités opérationnelles de l’intervention en cas d’inondation, plutôt que des opinions statistiquement représentatives. Bien que les inondations de juin 2026 aient principalement touché le Grand Accra, l’inclusion de responsables de la NADMO basés à Ho était délibérée. La région de la Volta a connu d’importantes inondations en 2023, ce qui a permis à ses responsables de la gestion des catastrophes d’apporter un éclairage pertinent sur la préparation institutionnelle, les défis opérationnels et la coordination interinstitutionnelle dans un autre contexte régional. Ces entretiens ont permis de mettre en évidence quatre thèmes interdépendants : une gouvernance institutionnelle fragmentée, des capacités opérationnelles insuffisantes, des contraintes bureaucratiques et logistiques, ainsi qu’un recours croissant aux interventions d’urgence menées par les communautés.
3.1 Une gouvernance fragmentée et une coordination institutionnelle insuffisante
La principale question soulevée par les personnes interrogées concernait la nature fragmentée du système de gestion des catastrophes au Ghana. Bien que la réponse aux catastrophes implique plusieurs institutions dotées de mandats juridiques clairement définis, les personnes interrogées ont fait valoir que la coordination entre ces organisations restait insuffisante, en particulier lors de situations d’urgence de grande ampleur. Plutôt que de fonctionner comme un système d’intervention intégré, les agences agissent souvent de manière indépendante, ce qui engendre une incertitude quant à la direction institutionnelle et ralentit les interventions d’urgence. Un chercheur a attribué ces difficultés de coordination à la fragmentation administrative croissante de l’agglomération d’Accra :
À l’époque où Accra était dirigée par un seul maire, la ville fonctionnait bien et il y avait une certaine coordination. Nous ne savons plus qui est responsable de quoi. Il y a tellement de chevauchements institutionnels que nous ne pouvons tenir personne pour responsable. Nous ne savons plus qui est responsable de quoi. La division d’Accra en petites juridictions est à l’origine de ce problème. En théorie politique, on appelle cela le « gerrymandering » : la création d’un grand nombre de circonscriptions à des fins purement politiques. (Chercheur 2, entretien individuel approfondi, 2026)
Au cours des deux dernières décennies, le Grand Accra a été divisé en un nombre croissant d’assemblées métropolitaines, municipales et de district (Gaisie et al., 2019). Si la décentralisation a renforcé l’administration locale et la représentation politique (Ahoi, 2009), les personnes interrogées ont toutefois indiqué qu’elle avait également compliqué la gestion des catastrophes en répartissant les responsabilités entre plusieurs juridictions. Les eaux de crue traversent souvent les limites municipales, ce qui nécessite une action coordonnée entre plusieurs assemblées et organismes d’urgence. Lorsque les mécanismes de coordination sont défaillants, le chevauchement des responsabilités et la fragmentation des pouvoirs peuvent retarder les opérations de sauvetage et réduire l’efficacité institutionnelle. Cette préoccupation a été renforcée par l’un des planificateurs interrogés, qui a décrit la gestion des catastrophes comme fonctionnant selon des « silos » institutionnels plutôt que selon une gouvernance collaborative : « Ce à quoi nous sommes confrontés, c’est une mise en œuvre selon une approche en silos. Il n’y a aucune coordination. Les différentes institutions ont des objectifs contradictoires et, à mesure que l’on s’éloigne d’Accra, les ressources humaines diminuent. Cela rend donc difficile la résolution des problèmes ou la réponse à ces questions urgentes. » (Planificateur 1, entretien individuel approfondi, 2026)
La référence à une « approche en silos » reflète un problème de gouvernance plus large, dans lequel les institutions s’acquittent de leurs missions statutaires de manière indépendante, avec une intégration limitée en matière de planification, de partage d’informations ou de prise de décision opérationnelle (Buylova et al., 2025). Une réponse efficace aux inondations nécessite que plusieurs organismes, notamment la NADMO, les services d’incendie, les services de police, les autorités sanitaires et les collectivités locales, interviennent simultanément. Lorsque ces institutions fonctionnent de manière indépendante plutôt que collaborative, les interventions d’urgence s’en trouvent ralenties et moins coordonnées. Les personnes interrogées ont donc considéré que la faiblesse de la coordination institutionnelle ne constituait pas simplement un problème opérationnel, mais un défi structurel de gouvernance nécessitant des mécanismes de coordination métropolitaine plus solides et des lignes de responsabilité plus claires.
3.2 Contraintes en matière de capacités opérationnelles
Au-delà des difficultés de coordination, les personnes interrogées ont systématiquement souligné que les organismes chargés des interventions en cas de catastrophe fonctionnent avec des ressources très limitées. Alors que les services d’urgence sont censés mener des opérations de sauvetage, des évacuations et assurer la coordination des interventions d’urgence, ils manquent souvent de l’équipement, de la logistique et des ressources financières nécessaires pour s’acquitter efficacement de ces responsabilités. Un officier des pompiers est revenu sur les réalités opérationnelles vécues lors des inondations de juin 2026 : « J’étais de service ce jour-là et c’était stressant. Nous ne disposons pas de l’équipement nécessaire au sauvetage, car il est coûteux. Tout ce que nous pouvons faire, c’est assurer la sécurité, mais pas la sûreté. La sécurité et la sûreté vont de pair. » (Officier des pompiers, entretien individuel en profondeur, 2026). De même, un officier de police a reconnu que, bien que les services de police soient souvent parmi les premières institutions à arriver sur les lieux d’une catastrophe, ils ne disposent pas de l’équipement spécialisé requis pour les opérations de sauvetage en cas d’inondation : « Nous faisons partie des premiers intervenants lorsque de tels événements se produisent, mais la vérité est que nous ne sommes pas équipés pour y faire face. » (Agent de police, entretien individuel, 2026)
Ces témoignages montrent que le défi auquel sont confrontés les services d’urgence ne réside pas nécessairement dans un manque d’engagement professionnel, mais plutôt dans une capacité opérationnelle limitée. Les personnes interrogées ont systématiquement décrit des situations dans lesquelles le personnel était disposé à intervenir, mais ne disposait pas de l’équipement nécessaire pour mener des opérations de sauvetage sûres et efficaces. Ces contraintes deviennent particulièrement critiques lors de crues soudaines, où tout retard d’intervention peut accroître considérablement le risque de pertes humaines. C’est parmi les responsables de la NADMO que le manque de ressources a été décrit de la manière la plus frappante. L’un d’entre eux a expliqué que même le soutien logistique de base restait insuffisant :
Nous comptons toujours sur l’Assemblée pour nous apporter son soutien. Même lorsque nous demandons à l’Assemblée de mettre un véhicule à notre disposition, nous devons insister, mais au final, nous ne disposons que des transports en commun. Dans toute la région, nous ne disposons que d’un seul pick-up, qui a été utilisé par le directeur régional. Même le mobilier du bureau, nous l’avons acheté nous-mêmes. Certains des ordinateurs présents ici ont été acquis grâce à nos propres ressources. (Responsable de la NADMO n° 1, entretien individuel approfondi, 2026)
Ce témoignage suggère que les difficultés liées aux capacités institutionnelles ne se limitent pas aux situations d’urgence, mais englobent également un sous-investissement chronique dans les institutions chargées de la gestion des catastrophes. L’impossibilité d’accéder aux moyens de transport, aux équipements de communication et à d’autres ressources logistiques de base limite la rapidité avec laquelle les responsables de la gestion des catastrophes peuvent se mobiliser en cas d’urgence. Plus généralement, ces contraintes mettent en évidence des écarts persistants entre les missions confiées aux institutions et les ressources allouées à leur mise en œuvre.
3.3 Les opérations de sauvetage menées par les communautés et le déficit de gouvernance
Le thème le plus marquant qui s’est dégagé des entretiens était le recours croissant aux membres de la communauté lors des opérations de secours d’urgence. Plusieurs personnes interrogées ont souligné que les habitants locaux sont souvent les premiers à intervenir, car ils se trouvent déjà sur place au sein des communautés touchées avant l’arrivée des services d’urgence officiels. Un chercheur a fait remarquer :
Les institutions compétentes ne font pas leur travail. Ce sont les jeunes des rues qui mènent les opérations de sauvetage. C’est un véritable défi, car ils ne sont pas suffisamment formés et cela peut entraîner des victimes. J’ai vu plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux montrant ces jeunes mener des opérations de sauvetage, et je tiens à les féliciter. (Chercheur n° 1, IDI, 2026)
Bien qu’exprimée en termes forts, cette observation reflète une préoccupation plus générale concernant le fossé entre les attentes institutionnelles et les réalités opérationnelles. Les bénévoles locaux apportent souvent une aide immédiate lors des inondations en secourant les habitants bloqués, en régulant la circulation et en participant aux évacuations. Leur mobilisation rapide témoigne d’un niveau élevé de solidarité locale et de résilience sociale. Cependant, les personnes interrogées ont également reconnu les risques liés au fait de compter sur des bénévoles non formés. Sans formation appropriée aux techniques de sauvetage, sans équipement de protection ni coordination avec les organismes officiels de secours, les intervenants communautaires peuvent s’exposer eux-mêmes ainsi que d’autres personnes à des dangers supplémentaires. Plutôt que de considérer la participation communautaire comme un substitut à la gestion officielle des catastrophes, les entretiens suggèrent qu’elle devrait être reconnue comme une composante importante du système de gouvernance des catastrophes du Ghana. Les institutions officielles devraient donc mettre en place des mécanismes de formation, de soutien et de coordination des bénévoles locaux afin que l’action locale spontanée vienne compléter, plutôt que remplacer, l’intervention professionnelle d’urgence.
Recommandations politiques
La récurrence des inondations au Ghana suggère que les interventions d’urgence ne devraient plus être considérées comme une activité ponctuelle, déclenchée uniquement après la survenue d’inondations. Si les interventions à long terme, telles que l’amélioration des infrastructures de drainage, l’application des réglementations d’urbanisme et le démantèlement des constructions situées dans les cours d’eau, restent essentielles, ces mesures se sont avérées difficiles à mettre en œuvre de manière cohérente, tant sur le plan politique qu’opérationnel. Par conséquent, les inondations catastrophiques risquent de rester un phénomène récurrent dans le paysage urbain ghanéen. Les institutions chargées de la sécurité et des interventions d’urgence doivent donc être suffisamment préparées pour réduire au minimum le nombre de victimes et protéger les vies humaines lors de futures inondations. Les recommandations suivantes sont proposées :
- Mettre en place un système unifié de commandement en cas d’inondation pour toutes les situations d’urgence majeures liées aux inondations, afin de définir clairement les responsabilités institutionnelles et d’améliorer la coordination entre la NADMO, les services de police du Ghana, les services nationaux des pompiers du Ghana, le service national d’ambulances, les forces armées ghanéennes et les assemblées métropolitaines, municipales et de district (MMDAs).
- Les assemblées métropolitaines, municipales et de district (MMDAs) devraient veiller à ce que les recettes issues de la taxe foncière soient investies de manière transparente et efficace dans des mesures d’atténuation des risques d’inondation, notamment l’entretien des réseaux d’évacuation des eaux, la gestion des déchets et l’application des réglementations en matière d’urbanisme, afin de renforcer la résilience des zones urbaines face aux inondations.
- Renforcer les capacités logistiques opérationnelles des organismes de première ligne, en particulier les bureaux de district et régionaux de la NADMO, grâce à un financement spécifique destiné aux véhicules d’urgence, aux systèmes de communication, au carburant, aux équipements de protection et à l’entretien courant.
- Mettez en place des unités d’intervention d’urgence communautaires dans les localités exposées aux inondations, en formant des bénévoles locaux aux techniques de base du sauvetage aquatique, aux premiers secours, aux procédures d’évacuation et aux communications d’urgence. Ces bénévoles devraient intervenir sous la supervision du Service national des pompiers du Ghana et de la NADMO, plutôt que d’agir en tant qu’intervenants informels.
- Élaborer des procédures opérationnelles standard (SOP) spécifiques aux inondations pour tous les organismes chargés des situations d’urgence, en précisant les responsabilités de chaque organisme avant, pendant et après les inondations, notamment en ce qui concerne les protocoles d’évacuation, la gestion du trafic, la coordination des opérations de sauvetage et le rétablissement après la catastrophe.
- Améliorer les systèmes de communication interinstitutionnels grâce à une plateforme commune de communication d’urgence permettant le partage d’informations en temps réel entre les services de sécurité, les équipes d’intervention d’urgence et les autorités locales en cas d’inondations.
- Renforcer la formation spécialisée en matière de sauvetage en cas d’inondation destinée aux policiers, aux pompiers et au personnel de la NADMO, en tenant compte du fait que les interventions en cas d’inondation requièrent des compétences techniques différentes de celles nécessaires aux opérations d’urgence classiques.
- Renforcer la coordination au niveau métropolitain dans l’ensemble de la région métropolitaine du Grand Accra, en tenant compte du fait que les eaux de crue franchissent souvent les frontières administratives et nécessitent des réponses coordonnées entre plusieurs collectivités locales plutôt que des interventions municipales isolées.
- Il convient de faire du sauvetage de vies humaines l’objectif premier de l’intervention en cas d’inondation. Compte tenu de l’occupation persistante des cours d’eau et d’autres zones exposées aux inondations, la planification des mesures d’urgence doit partir du principe que des inondations graves se reproduiront. La préparation aux catastrophes doit donc viser à réduire le nombre de victimes grâce à une évacuation rapide, à des opérations de sauvetage menées en temps opportun, à une communication d’urgence efficace et à un déploiement adéquat du personnel et des ressources.
Conclusion
Les inondations de juin 2026 confirment que les inondations au Ghana résultent de l’interaction entre des précipitations extrêmes et des défis de longue date liés au développement urbain, notamment l’occupation persistante des cours d’eau, l’insuffisance des infrastructures de drainage et la faible application des réglementations d’urbanisme. S’il reste essentiel de s’attaquer à ces facteurs sous-jacents, la persistance de ces défis en matière de développement signifie que les inondations graves sont susceptibles de se poursuivre dans un avenir prévisible. Dans ces circonstances, l’efficacité des institutions chargées de la gestion des catastrophes devient un facteur décisif pour réduire les conséquences humaines des inondations. Les entretiens présentés dans cet article montrent que les organismes d’urgence sont freinés par une fragmentation des responsabilités institutionnelles, une logistique insuffisante, des ressources opérationnelles limitées et une coordination interinstitutionnelle défaillante. Ces difficultés réduisent leur capacité à intervenir rapidement en cas d’urgence, malgré l’engagement du personnel de première ligne.
Pour les institutions ghanéennes chargées de la sécurité et des situations d’urgence, la priorité politique devrait donc aller au-delà de la simple réaction à des inondations ponctuelles pour s’orienter vers la mise en place d’une culture permanente de préparation. Les inondations annuelles devraient être anticipées plutôt que considérées comme des événements exceptionnels. Investir dans des structures de commandement coordonnées, des moyens de sauvetage spécialisés, des systèmes de communication interopérables et une préparation à l’échelle des communautés renforcera considérablement la capacité des institutions à sauver des vies en cas d’inondation. Bien que les agences de sécurité ne puissent empêcher les précipitations extrêmes ni inverser des décennies de développement urbain non planifié, elles peuvent réduire considérablement le nombre de décès liés aux inondations grâce à une meilleure planification, une coordination renforcée et une préparation opérationnelle soutenue.
Référence
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