Introduction
La migration, trait historique de l’humanité, est devenue une question mondiale complexe et urgente. En raison de leurs motivations diverses et évolutives, les populations migrantes influencent considérablement les programmes économiques, politiques et sociaux des États, des organisations internationales et de la société civile.
Les migrations transcendent fréquemment les frontières internationales, les migrants retournant souvent dans leur pays d’origine. Cette activité humaine de longue date compte aujourd’hui environ 281 millions de migrants internationaux dans le monde, soit 3,6 % de la population mondiale (Rapport sur les migrations dans le monde, 2022).
La libre circulation des personnes constitue un élément d’un ensemble plus vaste de défis complexes, étroitement liés aux questions de terrorisme et de sécurité territoriale. En outre, elle combine l’impératif de sauvegarde des droits de l’homme fondamentaux, qui pèse sur les gouvernements, et l’obligation pour les pays d’accueil de prendre des mesures d’adaptation visant à optimiser la gestion démographique au sein de leur État.
Ces dernières années, le déploiement délibéré de mouvements de population à travers les frontières internationales comme moyen d’influencer les États voisins est apparu comme un phénomène géopolitique perceptible. Plus précisément, la « migration militarisée » désigne une situation dans laquelle des acteurs étatiques ou non étatiques génèrent, entravent et manipulent intentionnellement des flux de population entrants ou sortants dans le but d’atteindre des objectifs stratégiques politiques, économiques et militaires (Greenhill, 2010).
Historiquement, les mouvements migratoires ont été attribués à des facteurs tels que les changements climatiques, la recherche de ressources accrues et les conflits armés. À l’inverse, le phénomène de la migration militarisée implique l’instrumentalisation des populations humaines en tant qu’outil stratégique pour déstabiliser les États ciblés ou leur arracher des concessions.
Le concept de migration militarisée n’est pas sans précédent ; historiquement, ses manifestations ont été observées pendant des périodes de conflit et de guerre, notamment au cours de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, les modalités de sa mise en œuvre ont évolué et se sont diversifiées au fil du temps, ce qui s’explique en grande partie par les progrès technologiques et les effets omniprésents de la mondialisation.
Déterminant de la migration militarisée
La notion d’armement de la migration englobe diverses situations dans lesquelles différents acteurs utilisent la migration comme moyen de coercition. Des États comme la Russie, le Bélarus, la Turquie, la Libye et le Maroc, par exemple, ont stratégiquement déployé la menace d’une migration non réglementée pour influencer l’Union européenne, avec des objectifs tels que l’obtention de concessions et la riposte aux sanctions (Banulescu-Bogdan, 2026).
De multiples facteurs contribuent à l’utilisation stratégique des migrations. Ces éléments sont délibérément employés par les nations comme tactique pour faire pression et influencer un pays cible. Les principaux facteurs déterminants sont décrits ci-dessous.
- Le changement climatique : Le changement climatique est de plus en plus reconnu comme un moteur important de la dynamique migratoire mondiale. Parallèlement à la hausse des températures mondiales, l’incidence des phénomènes météorologiques extrêmes s’intensifie, entraînant de profondes perturbations des moyens de subsistance et des déplacements de population (Thoma, 2024). Néanmoins, certains États-nations peuvent instrumentaliser stratégiquement ces crises, en utilisant les populations déplacées ou les migrants comme vecteur de déstabilisation des territoires contigus ou comme levier dans les engagements diplomatiques multilatéraux.
- Disparités économiques: Les individus s’engagent généralement dans la migration avec l’objectif principal de maximiser leurs revenus et d’améliorer leur niveau de vie, en recherchant souvent des salaires plus élevés, des opportunités d’emploi supérieures et des dispositions de sécurité sociale plus robustes. À la lumière de ces facteurs migratoires, les États-nations peuvent s’efforcer d’exploiter le potentiel économique des populations migrantes. Ces efforts peuvent impliquer l’incitation stratégique à la migration transfrontalière, apparemment dans le but de déstabiliser les pays rivaux et de détourner l’attention des défis économiques nationaux. (Turrell, 2025)
- Effet de levier politique: Les États utilisent fréquemment la menace d’une migration massive comme instrument de coercition pour contraindre un État ciblé à modifier sa conduite, à fournir une assistance financière ou à annuler des sanctions. Le Bélarus en est un exemple frappant : il aurait instrumentalisé les flux de migrants vers l’Union européenne comme mesure de rétorsion contre les sanctions imposées. En outre, le déploiement d’une migration militarisée peut exercer une influence significative sur le paysage politique intérieur d’un État ciblé en renforçant les factions politiques nativistes, en érodant la légitimité des gouvernements en place et en fragmentant la solidarité des alliances (Miholjcic, 2022).
- Effet de levier militaire: Les migrations armées déstabilisent les régions ciblées et constituent un élément clé de la guerre hybride. Cette pratique, souvent appelée migration stratégique, exploite les vulnérabilités des populations déplacées pour faire pression sur les adversaires. La migration fonctionne comme une tactique de « zone grise », conçue pour infliger des dommages sans escalade vers un conflit ouvert. En dirigeant délibérément les flux migratoires, les acteurs hostiles cherchent à fragmenter les alliances, à exacerber les tensions sociétales et à saper la confiance du public dans le gouvernement cible.
Des études de cas significatives au21ème siècle
Au XXIe siècle, les migrations militarisées sont devenues un outil essentiel de la guerre hybride, utilisé pour submerger les capacités administratives des États cibles et provoquer des divisions politiques. Vous trouverez ci-dessous les cas les plus significatifs identifiés ces dernières années :
La frontière gréco-turque (2020)
La Turquie a souvent utilisé son rôle d’hôte de millions de réfugiés pour négocier avec l’Union européenne, en particulier au début de l’année 2020. Dans un contexte d’escalade des tensions à Idlib, en Syrie, et de pression accrue aux frontières, la Turquie a déclaré en février 2020 qu’elle n’empêcherait plus les réfugiés d’atteindre l’Europe. Les autorités auraient transporté par bus des milliers de personnes à la frontière grecque d’Evros, ce qui a provoqué des affrontements (Sadhbh, 2021). Cette action visait à obtenir davantage d’aide financière de l’UE et à soutenir les opérations militaires de la Turquie dans le nord de la Syrie.
La confrontation frontalière entre le Belarus et l’Union européenne (2021-aujourd’hui)
Il s’agit là d’un exemple de migration militarisée parrainée par l’État. À la suite des sanctions occidentales, le Belarus a simplifié les exigences en matière de visa pour les citoyens du Moyen-Orient et d’Afrique. Des agences publiques ont transporté les migrants par avion jusqu’à Minsk, où les forces biélorusses les ont ensuite escortés jusqu’aux frontières polonaise, lituanienne et lettone, leur fournissant souvent des outils pour couper les clôtures et les empêchant de revenir (Christiani et al., 2024). L’objectif était de contraindre l’UE à lever les sanctions et à la pénaliser pour son soutien à l’opposition biélorusse.
L’implication de la Russie dans le « Passage de l’Arctique » en 2015-2016 et en 2023-2024.
La Russie a utilisé ses frontières septentrionales pour faire pression sur ses voisins alignés sur l’OTAN. Elle a d’abord facilité l’entrée de milliers de demandeurs d’asile en Norvège et en Finlande, en réponse aux sanctions prises par les pays nordiques après l’annexion de la Crimée. Après l’adhésion de la Finlande à l’OTAN en 2024, la Russie a de nouveau facilité l’arrivée de centaines de migrants aux frontières finlandaises, ce qui a incité la Finlande à fermer tous les points de passage routiers (Hover Institution, 2024).
Le Maroc et l’enclave de Ceuta en 2021
Un différend diplomatique entre le Maroc et l’Espagne a déclenché un afflux migratoire après que l’Espagne a admis le chef du Front Polisario, Brahim Ghali, pour un traitement au COVID-19. Le Maroc a alors assoupli les contrôles aux frontières, permettant à 8 000 à 10 000 personnes d’entrer dans l’enclave espagnole dans les 48 heures (Al Jazeera, 2021). Cette action a transmis le mécontentement du Maroc sur le différend du Sahara occidental et visait à faire pression sur l’Espagne pour réévaluer sa position sur la souveraineté de la région.
Augmentation du nombre de migrants en Afrique de l’Ouest
En Afrique de l’Ouest, la migration fait partie des réalités quotidiennes de nombreuses communautés. Alors que des millions de personnes se déplacent, de manière saisonnière ou permanente, vers des centres ruraux ou urbains et, dans certains cas, au-delà des frontières nationales, un nombre tout aussi important de personnes aspirent à migrer ou dépendent des transferts de fonds effectués par les migrants pour assurer leur subsistance.
L’Afrique de l’Ouest, en particulier, ne peut être exclue des discussions sur l’armement des migrations. Le principe de libre circulation de la CEDEAO a permis aux gens de traverser les frontières avec moins de restrictions. Notamment, dans des contextes tels que le Ghana et le Nigeria, les citoyens des États voisins voyagent et s’installent souvent dans les autres pays sans obstacles majeurs. Toutefois, cette dynamique transfrontalière relativement ouverte a également été exploitée d’une manière qui a contribué à l’augmentation de la criminalité, à l’érosion de la sécurité aux frontières et à la mise à l’épreuve des systèmes économiques et de sécurité.
Pour de nombreux migrants, la motivation première est la recherche d’opportunités économiques et d’un environnement plus favorable au travail et à la survie. Pourtant, l’insécurité qui règne dans de nombreux États d’Afrique de l’Ouest est l’un des moteurs des déplacements et des décisions de migration. Les activités de groupes tels que Boko Haram et le JNIM, ainsi que d’autres réseaux rebelles et terroristes, ont poussé les gens à abandonner leur environnement familier à la recherche de perspectives plus sûres et plus stables ailleurs.
Lorsque les individus traversent rapidement des frontières poreuses, il devient de plus en plus difficile pour les autorités nationales de surveiller les flux potentiellement suspects, en particulier lorsque les documents d’identité ne sont pas évalués avec la même rigueur. Dans certains cas, les criminels et les groupes armés exploitent les couloirs mêmes utilisés par les commerçants ordinaires, les agriculteurs et les familles déplacées, érodant ainsi la distinction pratique entre la migration légale et l’infiltration délibérée.
Le défi consiste désormais à faire respecter le principe de la libre circulation des personnes de la CEDEAO tout en préservant la sécurité aux frontières.
Les répercussions éthiques et humanitaires
L’instrumentalisation des personnes en tant qu’armes pour les objectifs de l’État constitue une crise éthique profonde, violant leur liberté et leurs droits fondamentaux. Ces actions ont un impact profond sur les migrants et imposent des conséquences significatives aux pays cibles (Peerboom, 2022). Cette discussion détaillera les implications éthiques et humanitaires pour les deux parties.
La situation éthique difficile de l’État cible.
Le droit international impose aux nations de protéger les réfugiés contre le retour forcé dans des territoires dangereux. Le non-respect de cette obligation met en péril la démocratie et les systèmes juridiques. Permettre une migration militarisée risque de donner du pouvoir aux agresseurs et de stimuler l’exploitation. Les États sont confrontés à un dilemme : respecter les obligations humanitaires ou assurer la sécurité des frontières.
Érosion des normes juridiques et éthiques
Considérer l’immigration comme une agression fait passer les politiques de l’humanitaire au militarisme. Cela justifie l’adoption de lois d’urgence, telles que la restriction de l’asile, une tendance observée dans de nombreux pays frontaliers de l’UE. L’exposition continue à des crises manipulées diminue l’empathie de la société d’accueil. Simultanément, les récits publics passent des difficultés individuelles à la présentation des migrants comme des risques pour la sécurité, ce qui conduit à une plus grande acceptation des politiques rigoureuses.
Traitement cruel des migrants
Les migrants sont systématiquement relégués de leur statut d’individus porteurs de droits à celui de simples instruments de manœuvres géopolitiques. Leur déplacement est délibérément orchestré pour susciter des réponses politiques spécifiques, plutôt que pour répondre véritablement à leurs besoins fondamentaux de sécurité ou d’opportunités.
L’instrumentalisation de la migration va au-delà d’une simple tactique géopolitique ; elle incarne une profonde urgence morale. Elle prive les individus de leur dignité inhérente, sape les fondements du droit international, diminue l’empathie humaine et confronte les systèmes démocratiques à des dilemmes éthiques insolubles.
Stratégies de réponse de l’Union européenne
Pour lutter contre le phénomène de la migration militarisée, il est nécessaire d’adopter une stratégie à multiples facettes, intégrant une sécurité frontalière renforcée, des pressions diplomatiques et des mécanismes juridiques solides, afin de contrecarrer l’exploitation des populations migrantes parrainée par les États. En 2024, la Commission européenne a présenté une série de propositions visant à renforcer la sécurité des frontières et à atténuer les menaces hybrides. Les stratégies suivantes ont été présentées :
- Renforcer le cadre politique et le soutien pratique de l’UE. L’Union européenne a mis en œuvre des mesures contre l’instrumentalisation des migrants en Finlande, en Lettonie, en Lituanie et en Pologne. Pour renforcer la surveillance des frontières avec la Russie et le Belarus, l’UE alloue 170 millions d’euros. Ce financement permettra d’améliorer la surveillance électronique, les infrastructures de télécommunication, la détection mobile et la lutte contre les drones non autorisés.
- Discutez des défis et des menaces de sécurité auxquels sont confrontées les frontières terrestres de l’UE avec la Russie et le Belarus. La Commission européenne aidera les États membres à prévenir l’instrumentalisation des principes et valeurs européens, y compris le droit d’asile, par la Russie et la Biélorussie pour saper l’Union européenne.
- Renforcer la collaboration avec l’UE et les États membres. Les pays de l’UE concernés sont invités à coopérer étroitement avec l’UE et les autres pays de l’UE pour garantir la cohérence et l’efficacité de toute action connexe.
- Établir le cadre juridique. Les États membres de l’UE sont légalement tenus de sécuriser les frontières extérieures et de respecter les droits fondamentaux. En réponse aux menaces hybrides et conformément aux traités de l’UE, ils peuvent mettre en œuvre des mesures nationales ayant un impact sur les droits fondamentaux, tels que l’asile. Ces mesures doivent être exceptionnelles, temporaires, proportionnées et ne s’appliquer qu’à des cas spécifiques.
Conclusion
L’évolution du paysage mondial et des modes d’interaction internationale a vu l’émergence d’une migration militarisée comme forme de guerre hybride. Cette stratégie est prétendument employée par certains États pour atteindre des objectifs politiques, économiques et militaires sans conflit armé direct. Une dimension critique et préoccupante de ce phénomène est la déshumanisation des individus, qui sont traités comme des instruments ou des marchandises, au mépris de leurs droits humains fondamentaux. Pour relever ce défi, il est nécessaire de mettre en œuvre des mesures globales conçues pour atténuer la prévalence de la migration armée. En outre, il est impératif de formuler des cadres juridiques pour dissuader et sanctionner la pratique de la migration armée. L’efficacité et l’applicabilité d’une telle législation dépendent d’une coopération internationale solide, notamment par l’établissement d’accords migratoires rigoureux visant à prévenir les mouvements migratoires irréguliers. En outre, en Afrique de l’Ouest, la CEDEAO et ses États membres doivent renforcer les mécanismes d’échange de renseignements et la gestion coordonnée des frontières. Cela devrait inclure des procédures harmonisées pour la vérification des documents, la mise en œuvre d’un enregistrement biométrique systématique lorsque cela est possible, et une communication rapide et en temps réel entre les autorités d’immigration, les unités de police et l’armée.
Il est essentiel que toutes les contre-mesures mises en œuvre respectent rigoureusement les normes établies en matière de droits de l’homme, y compris les principes de non-refoulement et de garantie de l’accès à l’asile.
Références
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