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Intérêts désalignés et promesses militarisées : Repenser la sécurité, la souveraineté et l’unité régionale au Sahel

Intérêts désalignés et promesses militarisées : Repenser la sécurité, la souveraineté et l’unité régionale au Sahel
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Introduction : Coups d’État, lutte contre le terrorisme et politique de la culpabilité

Dans une grande partie de l’Afrique contemporaine, la gouvernance de la sécurité s’est enchevêtrée dans une lutte plus large pour la souveraineté, la légitimité et l’influence extérieure. Du Sahel à certaines parties de l’Afrique centrale et de l’Est, un nombre croissant d’États se trouvent aujourd’hui à l’intersection d’une crise interne, d’une autorité contestée et d’une concurrence géopolitique de plus en plus forte. Dans plusieurs de ces contextes, les interventions militaires dans la vie politique ont été justifiées par un argument récurrent et puissant : les gouvernements civils, qui opèrent souvent dans le cadre d’architectures de sécurité soutenues par l’Occident, n’ont pas réussi à contenir l’insurrection, le terrorisme et la violence organisée, renonçant ainsi à leur prétention à gouverner efficacement. Entre 2021 et 2023, le Sahel a été le témoin d’une militarisation décisive de la politique. Au Mali, au Burkina Faso et au Niger, les juntes ont défini leur prise de pouvoir comme des interventions correctives rendues nécessaires par la multiplication des attaques djihadistes, les pertes territoriales et l’érosion de la confiance du public dans les dirigeants civils. Les partenaires occidentaux, en particulier la France, et l’architecture antiterroriste élargie construite autour de l’opération Barkhane ont été jugés inefficaces, intéressés et déconnectés des réalités locales. La CEDEAO, quant à elle, a été dépeinte non pas comme un garant de la stabilité régionale, mais comme un exécutant externe de normes inconstitutionnelles en désaccord avec la « souveraineté populaire ».

Ce récit a abouti à la formation de l’Alliance des États du Sahel (AES) en septembre 2023 et au retrait officiel de ses membres de la CEDEAO en janvier 2024. Symboliquement, l’AES représente un rejet de l’orthodoxie sécuritaire de l’après-guerre froide en Afrique de l’Ouest. D’un point de vue stratégique, cependant, elle a fragmenté la coopération régionale à un moment où les insurrections transnationales exigent précisément le contraire. En conséquence, cet article propose une évaluation critique de l’évolution du paysage sécuritaire au Mali, au Burkina Faso et au Niger en comparant les périodes avant et après le coup d’État à l’aide d’un cadre temporel symétrique et de données provenant d’ACLED, de GTI et de Sphere+. En examinant les tendances dans le volume d’incidents, les décès, les typologies de violence et la dynamique des acteurs jusqu’au 31 août 2025 (voir tableau 1), il interroge une question centrale à laquelle le Sahel est confronté : les alliances changeantes ont-elles résolu la crise sécuritaire de la région, ou l’ont-elles simplement reproduite sous une bannière géopolitique différente?

Tableau 1 : Périodes analysées

PaysPériode précédant le coup d’ÉtatPériode post-coup d’État
Mali17 février 2017 au 24 mai 202124 mai 2017 au 31 août 2025
Burkina Faso29 oct. 2019 au 30 sept. 202230 septembre 2022 au 31 août 2025
Niger21 juin 2021 au 26 juillet 2023Du 26 juillet 2023 au 31 août 2025

Source : CISA (2025)

Mali : Militarisation sans stabilisation

Au Mali, la période qui a suivi le coup d’État a été marquée par une forte escalade de la violence, tant de la part des insurgés que de l’État, soulignant les limites de la réorientation sécuritaire de la junte. Les attaques ont augmenté de 80,9 %, confirmant leur rôle central dans la stratégie des insurgés, tandis que les affrontements armés ont augmenté de 41,3 %. Toutefois, la diminution de la part proportionnelle des affrontements suggère un abandon des engagements soutenus sur le champ de bataille au profit d’une violence plus fragmentée, opportuniste et asymétrique. Cette évolution reflète la capacité d’adaptation des insurgés plutôt que leur défaite sur le champ de bataille. L’augmentation spectaculaire des pillages et des destructions de biens, qui ont presque quadruplé après le coup d’État, est le signe d’un effondrement croissant de la sécurité quotidienne et des moyens de subsistance dans les zones rurales contestées. Ces phénomènes sont emblématiques des environnements où l’autorité de l’État n’est pas seulement contestée, mais aussi absente par intermittence. Les enlèvements ont plus que doublé, renforçant l’utilisation stratégique de la coercition civile pour contrôler le territoire, extraire des ressources et saper la légitimité de l’État. Dans le même temps, l’État malien a adopté une posture de plus en plus cinétique. Les frappes aériennes et de drones ont augmenté de près de 400 %, ce qui témoigne clairement d’une doctrine antiterroriste reposant sur la projection de forces plutôt que sur la consolidation de la gouvernance. Bien que ces tactiques puissent offrir des avantages tactiques, leur expansion a coïncidé avec l’activité des insurgés, au lieu de la freiner.

La dynamique des acteurs éclaire davantage ce paradoxe. Le JNIM est apparu comme le principal bénéficiaire de l’environnement post-coup d’État, avec une augmentation des incidents de 186,4 % et une hausse significative de sa part dans l’activité totale. Plutôt que d’être affaibli par l’intensification des opérations militaires, le groupe semble avoir exploité le vide sécuritaire et les griefs des civils générés par la gouvernance militarisée. L’activité de l’armée malienne a augmenté de plus de 300 %, représentant désormais près d’un tiers de tous les incidents, un chiffre extraordinaire qui souligne à quel point la violence est devenue le fait de l’État et des insurgés. Parallèlement, l’expansion des activités affiliées à l’IS, ainsi que la résurgence des milices Dozo et des Dan Na Ambassagou, témoignent d’une fragmentation croissante du paysage sécuritaire. La prolifération des milices communales et étatiques suggère que l’insécurité n’est plus monopolisée par les groupes djihadistes, mais qu’elle est désormais ancrée dans les conflits sociaux locaux, ce qui complique encore les perspectives de stabilisation.

Burkina Faso : Extension du champ de bataille

Le Burkina Faso est un exemple encore plus frappant de militarisation sans dividendes sécuritaires. Les affrontements armés ont presque doublé après le coup d’État, reflétant une expansion spectaculaire des lignes de front actives dans tout le pays. Les attaques et les pillages ont fortement augmenté, renforçant la centralité de la guerre économique des insurgés et l’absence persistante de contrôle effectif de l’État dans les zones rurales et périurbaines. Les enlèvements ont augmenté de près de 90 %, consolidant le ciblage des civils en tant que tactique essentielle des insurgés. Ce schéma souligne l’incapacité des opérations militaires intensifiées à protéger les non-combattants et révèle au contraire que les civils sont devenus le principal terrain d’affrontement du conflit. Comme au Mali, l’État burkinabé a répondu par une intensification de la guerre aérienne, les frappes aériennes et de drones ayant presque doublé. Cependant, cette escalade s’est déroulée parallèlement à la consolidation des groupes djihadistes, plutôt que contre elle. Le JNIM a conservé sa part opérationnelle majoritaire, représentant plus de 60 % de tous les incidents, tandis que l’ISGS a étendu son empreinte dans l’est et dans les trois zones frontalières. Ces tendances suggèrent que les groupes d’insurgés se sont adaptés efficacement au dispositif de sécurité de la junte, en dispersant leurs forces et en exploitant les capacités excédentaires de l’État.

Le recours croissant aux volontaires pour la défense de la patrie (VDP), dont l’activité a plus que doublé, reflète une stratégie plus large d’externalisation de la sécurité à des auxiliaires civils. Bien qu’elle soit présentée comme un moyen d’autonomisation des communautés, cette approche risque d’aggraver les cycles de violence communautaire et de brouiller la frontière entre protection et prédation. L’activité soutenue de la Katiba Macina met également en évidence la persistance de réseaux d’insurgés ancrés localement qui ne peuvent être démantelés par la seule force militaire.

Niger : L’endiguement, pas la résolution

Le Niger se distingue au sein de l’AES par une baisse globale du volume d’incidents après le coup d’État. Toutefois, cette amélioration apparente doit être interprétée avec prudence. La violence contre les civils reste la catégorie dominante, représentant près de 40 % des incidents, ce qui indique que l’insécurité continue d’être supportée de manière disproportionnée par les non-combattants. La réduction des batailles et des affrontements armés, ainsi que la diminution des développements stratégiques, indiquent un environnement opérationnel plus calme, mais pas nécessairement plus stable. L’augmentation de l’utilisation d’engins explosifs improvisés (EEI) et de mines suggère un pivot tactique vers la guerre à distance, souvent associée au regroupement des insurgés plutôt qu’à leur défaite. La diminution des pillages et des enlèvements peut refléter une réorganisation territoriale plutôt qu’une pacification durable.

Les tendances observées chez les acteurs renforcent cette prudence. Alors que l’activité de l’ISGS et du JNIM a diminué en termes absolus, l’ISGS a augmenté sa part proportionnelle d’incidents, ce qui indique une pertinence continue sur les théâtres clés. Boko Haram maintient une présence marginale mais persistante, tandis que l’absence de mobilisation significative des milices communales ou alignées sur l’État distingue le Niger de ses homologues de l’AES. Cette relative retenue peut expliquer le nombre inférieur d’incidents au Niger, mais souligne également la fragilité de son équilibre sécuritaire.

L’échec de l’Occident, les illusions de l’Orient et le coût de la fragmentation

Il est tentant, en particulier dans le discours populaire et nationaliste, de présenter la crise du Sahel comme un choix binaire entre l’échec de l’Occident et le salut de l’Orient. Ce cadre est analytiquement superficiel et politiquement dangereux. Les interventions occidentales, ancrées dans des doctrines antiterroristes qui privilégient les opérations cinétiques au détriment de la construction de l’État et de la légitimité sociale, n’ont indéniablement pas réussi à assurer la sécurité. Elles ont souvent renforcé la dépendance, donné du pouvoir à des élites qui n’ont pas de comptes à rendre et traité les symptômes plutôt que les facteurs structurels de la violence. Pourtant, le pivot vers la Russie et les acteurs de la sécurité qui y sont associés n’a pas modifié cette dynamique. Bien que présentés comme des partenariats d’égal à égal, les engagements orientaux ont largement reproduit une approche militarisée et centrée sur l’État de l’insécurité, enracinée dans l’exploitation. La forte augmentation des frappes aériennes et de drones (+391,16% au Mali et 92,60% au Burkina Faso), associée au déclin de l’espace civique et à la suppression des activités de protestation, suggère que la sécurité est recherchée par la coercition plutôt que par le consentement. Le proverbe selon lequel « l’arbre qui portera de bons fruits se voit à la germination » est instructif ici : les indicateurs précoces sont importants. Jusqu’à présent, la phase de germination des nouveaux partenariats de sécurité au Sahel n’offre que peu de preuves d’une trajectoire de paix plus inclusive ou durable, car elle a aggravé les incidents d’insécurité et les décès enregistrés au cours de la période analysée (voir figure 1).

Figure : Incidents de sécurité et décès enregistrés
Source : CISA (2025).

La rupture entre la CEDEAO et l’AES a créé un vide stratégique en Afrique de l’Ouest. Bien que les États de l’AES représentent une part modeste du PIB régional, ils englobent près de la moitié de la masse terrestre de la CEDEAO et forment la ligne de front contre l’expansion djihadiste (voir figure 2). En conséquence, leur retrait a affaibli les mécanismes de défense collective, perturbé le partage des renseignements et sapé la gestion coordonnée des frontières. Les insurgés, en revanche, restent très intégrés au-delà des frontières, exploitant précisément la fragmentation qui caractérise aujourd’hui la gouvernance régionale. L’ironie est frappante : alors que les juntes invoquent la souveraineté pour justifier l’isolement, l’insécurité au Sahel est fondamentalement transnationale. Aucun bloc, qu’il soit aligné sur les puissances occidentales ou orientales, ne peut y faire face seul.

Figure 2 : Principales caractéristiques de la CEDEAO et de l’AES
Source : CISA (2025).

Conclusion

Ces tendances remettent en question le principe central du réalignement du Sahel après le coup d’État, à savoir que le remplacement des partenaires occidentaux par des partenaires orientaux permettrait d’améliorer la sécurité. Les faits suggèrent le contraire. Si les interventions occidentales ont manifestement échoué, leur déplacement n’a pas produit de résultats qualitativement différents en matière de sécurité. Au contraire, la militarisation s’est accentuée, les dommages causés aux civils se sont intensifiés et les groupes d’insurgés se sont adaptés à une vitesse alarmante. La crise du Sahel n’est donc pas une question de choix du « bon » partenaire extérieur, mais de confrontation avec des intérêts mal alignés, qu’ils soient occidentaux ou orientaux, qui privilégient l’optique militaire à la légitimité politique, et la rhétorique de la souveraineté à la solidarité régionale. Sans une coopération renouvelée entre l’AES et la CEDEAO et sans un changement vers une sécurité centrée sur la gouvernance et enracinée dans le développement et l’inclusion sociale, le Sahel risque de rester piégé dans un cycle de violence où les alliances changent mais où l’insécurité perdure. Reconstruire la relation brisée entre l’AES et la CEDEAO n’est donc pas un luxe diplomatique mais une nécessité stratégique. Un pacte régional renouvelé, centré sur l’agence africaine, donnant la priorité à la protection des civils et intégrant la sécurité au développement, constitue la voie la plus crédible pour l’avenir. L’unité ne signifie pas l’uniformité, mais elle exige de reconnaître que les réponses fragmentées ne font qu’aggraver la vulnérabilité collective. En fin de compte, la crise du Sahel ne consiste pas tant à choisir entre l’Ouest et l’Est qu’à faire face à des intérêts divergents partout où ils se manifestent. En l’absence de solidarité régionale et d’une approche de la sécurité centrée sur les populations, le cycle des coups d’État, des interventions et de l’escalade de la violence persistera et portera des fruits amers longtemps après que les promesses de souveraineté se seront évanouies.

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