{"id":3314,"date":"2024-06-22T08:01:40","date_gmt":"2024-06-22T08:01:40","guid":{"rendered":"https:\/\/cisanewsletter.com\/index.php\/cedeao-v-aes-qui-a-besoin-de-qui-pour-survivre-economiquement\/"},"modified":"2024-06-22T08:03:42","modified_gmt":"2024-06-22T08:03:42","slug":"cedeao-v-aes-qui-a-besoin-de-qui-pour-survivre-economiquement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cisanewsletter.com\/fr\/index.php\/cedeao-v-aes-qui-a-besoin-de-qui-pour-survivre-economiquement\/","title":{"rendered":"CEDEAO V AES : Qui a besoin de qui pour survivre \u00e9conomiquement ?"},"content":{"rendered":"\n<p>Le 28 mai 1975, les chefs d&rsquo;\u00c9tat et de gouvernement de 15 pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest ont cr\u00e9\u00e9 la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest (CEDEAO) en signant le trait\u00e9 de la CEDEAO \u00e0 Lagos, au Nigeria. Le trait\u00e9 de Lagos a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 par les 15 chefs d&rsquo;\u00c9tat et de gouvernement du B\u00e9nin, du Burkina Faso, de la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire, de la Gambie, du Ghana, de la Guin\u00e9e, de la Guin\u00e9e-Bissau, du Liberia, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Nigeria, de la Sierra Leone, du S\u00e9n\u00e9gal et du Togo. L&rsquo;organisme r\u00e9gional a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 de promouvoir l&rsquo;int\u00e9gration \u00e9conomique dans la r\u00e9gion. Le Cap-Vert a rejoint l&rsquo;Union en 1977. Le seul membre arabophone, la Mauritanie, s&rsquo;est retir\u00e9 en d\u00e9cembre 2000. La Mauritanie a sign\u00e9 un nouvel accord de membre associ\u00e9 en ao\u00fbt 2017. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso, trois pays du Sahel, se sont \u00e9galement retir\u00e9s en 2023 et ont form\u00e9 le 16 septembre 2023 un groupe dissident appel\u00e9 l&rsquo;Alliance des \u00c9tats du Sahel (AES\/ASS), un pacte de d\u00e9fense mutuelle. Selon le site web de la CEDEAO, la r\u00e9gion s&rsquo;\u00e9tend sur une superficie de 5,2 millions de kilom\u00e8tres carr\u00e9s.<\/p>\n\n<p>Consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;un des piliers de la Communaut\u00e9 \u00e9conomique africaine, la CEDEAO a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e pour promouvoir l&rsquo;id\u00e9al d&rsquo;autosuffisance collective de ses \u00c9tats membres. En tant qu&rsquo;union commerciale, elle vise \u00e9galement \u00e0 cr\u00e9er un grand bloc commercial unique par le biais de la coop\u00e9ration \u00e9conomique. Les activit\u00e9s \u00e9conomiques int\u00e9gr\u00e9es envisag\u00e9es dans la r\u00e9gion, dont le PIB combin\u00e9 s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 734,8 milliards de dollars, concernent, entre autres, l&rsquo;industrie, les transports, les t\u00e9l\u00e9communications, l&rsquo;\u00e9nergie, l&rsquo;agriculture, les ressources naturelles, le commerce, les questions mon\u00e9taires et financi\u00e8res, les questions sociales et culturelles. En 2007, le Secr\u00e9tariat de la CEDEAO a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 en Commission. La Commission, dirig\u00e9e par le pr\u00e9sident, assist\u00e9 d&rsquo;un vice-pr\u00e9sident, de treize commissaires et d&rsquo;un auditeur g\u00e9n\u00e9ral des institutions de la CEDEAO, est compos\u00e9e de bureaucrates exp\u00e9riment\u00e9s qui assurent la direction de cette nouvelle orientation.<\/p>\n\n<p>La CEDEAO d\u00e9clare que dans le cadre de ce processus de renouvellement, elle met en \u0153uvre des programmes critiques et strat\u00e9giques qui renforceront la coh\u00e9sion et \u00e9limineront progressivement les obstacles identifi\u00e9s \u00e0 l&rsquo;int\u00e9gration compl\u00e8te. De cette mani\u00e8re, les quelque 300 millions de citoyens de la communaut\u00e9 peuvent en fin de compte s&rsquo;approprier la r\u00e9alisation de la nouvelle vision consistant \u00e0 passer d&rsquo;une CEDEAO d&rsquo;\u00c9tats \u00e0 une \u00ab\u00a0CEDEAO des peuples\u00a0\u00bb : Paix et prosp\u00e9rit\u00e9 pour tous\u00a0\u00bb d&rsquo;ici 2050.<\/p>\n\n<p>La CEDEAO, dont le si\u00e8ge est \u00e0 Abuja, au Nigeria, a pour objectif de promouvoir la coop\u00e9ration et l&rsquo;int\u00e9gration, en vue de l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une union \u00e9conomique en Afrique de l&rsquo;Ouest, afin d&rsquo;\u00e9lever le niveau de vie de ses populations, de maintenir et de renforcer la stabilit\u00e9 \u00e9conomique, de favoriser les relations entre les \u00c9tats membres et de contribuer au progr\u00e8s et au d\u00e9veloppement du continent africain.<\/p>\n\n<p>Parmi ses objectifs figurent l&rsquo;harmonisation et la coordination des politiques nationales et la promotion de programmes, de projets et d&rsquo;activit\u00e9s d&rsquo;int\u00e9gration, notamment dans les domaines suivants : alimentation, agriculture et ressources naturelles ; industrie, transports et communications ; \u00e9nergie, commerce, monnaie et finances ; fiscalit\u00e9, politiques de r\u00e9forme \u00e9conomique, ressources humaines, \u00e9ducation, information, culture, science, technologie, services, sant\u00e9, tourisme et questions juridiques.<\/p>\n\n<p>En outre, la CEDEAO cherche \u00e0 harmoniser et \u00e0 coordonner les politiques de protection de l&rsquo;environnement, \u00e0 promouvoir la cr\u00e9ation d&rsquo;entreprises communes de production et \u00e0 \u00e9tablir un march\u00e9 commun par la lib\u00e9ralisation du commerce en supprimant, entre les \u00c9tats membres, les droits de douane pr\u00e9lev\u00e9s sur les importations et les exportations, et en abolissant les barri\u00e8res non tarifaires afin d&rsquo;\u00e9tablir une zone de libre-\u00e9change au niveau communautaire ; \u00e0 adopter un tarif ext\u00e9rieur commun et une politique commerciale commune vis-\u00e0-vis des pays tiers, \u00e0 supprimer les obstacles \u00e0 la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux entre les \u00c9tats membres, ainsi qu&rsquo;au droit de r\u00e9sidence et d&rsquo;\u00e9tablissement.<\/p>\n\n<p>Le bloc r\u00e9gional a \u00e9galement d\u00e9fini un programme global visant \u00e0 \u00e9tablir une union \u00e9conomique par l&rsquo;adoption de politiques communes dans les secteurs \u00e9conomique, financier, social et culturel, ainsi que la cr\u00e9ation d&rsquo;une union mon\u00e9taire pour l&rsquo;entit\u00e9 sous-r\u00e9gionale. Le programme encouragera \u00e9galement les entreprises communes entre les entreprises du secteur priv\u00e9 et d&rsquo;autres op\u00e9rateurs \u00e9conomiques, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;adoption d&rsquo;un accord r\u00e9gional sur les investissements transfrontaliers. Elle adoptera en outre des mesures pour l&rsquo;int\u00e9gration des secteurs priv\u00e9s, en particulier la cr\u00e9ation d&rsquo;un environnement propice \u00e0 la promotion des petites et moyennes entreprises et la mise en place d&rsquo;un environnement juridique favorable.<\/p>\n\n<p>En outre, il vise \u00e0 harmoniser les codes nationaux d&rsquo;investissement en vue de l&rsquo;adoption d&rsquo;un code communautaire unique d&rsquo;investissement, \u00e0 harmoniser les normes et les mesures et \u00e0 promouvoir un d\u00e9veloppement \u00e9quilibr\u00e9 de la r\u00e9gion en pr\u00eatant attention aux probl\u00e8mes particuliers de chaque \u00c9tat membre, notamment ceux des \u00c9tats membres enclav\u00e9s et des petits \u00c9tats insulaires.<\/p>\n\n<p>La CEDEAO encourage et renforce \u00e9galement les relations et favorise la circulation de l&rsquo;information, en particulier parmi les populations rurales, les organisations de femmes et de jeunes et les organisations socioprofessionnelles telles que les associations de m\u00e9dias, d&rsquo;hommes et de femmes d&rsquo;affaires, de travailleurs et de syndicats.<\/p>\n\n<p>L&rsquo;adoption d&rsquo;une politique communautaire en mati\u00e8re de population qui tienne compte de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;un \u00e9quilibre entre les facteurs d\u00e9mographiques et le d\u00e9veloppement socio-\u00e9conomique figure en bonne place dans l&rsquo;agenda de la CEDEAO, de m\u00eame que la cr\u00e9ation pr\u00e9vue d&rsquo;un fonds de coop\u00e9ration, de compensation et de d\u00e9veloppement. La CEDEAO est \u00e9galement habilit\u00e9e \u00e0 entreprendre toute autre activit\u00e9 que les \u00c9tats membres peuvent juger n\u00e9cessaire \u00e0 la r\u00e9alisation des objectifs de la communaut\u00e9.<\/p>\n\n<p>Les principes fondamentaux qui guident la CEDEAO sont l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 et l&rsquo;interd\u00e9pendance des \u00c9tats membres, la solidarit\u00e9 et l&rsquo;autonomie collective, la coop\u00e9ration inter\u00e9tatique, l&rsquo;harmonisation des politiques et l&rsquo;int\u00e9gration des programmes, la non-agression entre les \u00c9tats membres et le maintien de la paix, de la stabilit\u00e9 et de la s\u00e9curit\u00e9 r\u00e9gionales par la promotion et le renforcement des relations de bon voisinage. Parmi les autres principes fondamentaux de la CEDEAO figurent le r\u00e8glement pacifique des diff\u00e9rends entre les \u00c9tats membres, la coop\u00e9ration active entre les pays voisins et la promotion d&rsquo;un environnement pacifique comme condition pr\u00e9alable au d\u00e9veloppement \u00e9conomique.<\/p>\n\n<p>La CEDEAO reconna\u00eet, promeut et prot\u00e8ge \u00e9galement les droits de l&rsquo;homme et des peuples, conform\u00e9ment aux dispositions de la Charte africaine des droits de l&rsquo;homme et des peuples, et elle est attach\u00e9e \u00e0 la responsabilit\u00e9, \u00e0 la justice \u00e9conomique et sociale ainsi qu&rsquo;\u00e0 la participation populaire au d\u00e9veloppement. L&rsquo;organisme sous-r\u00e9gional reconna\u00eet et observe les r\u00e8gles et les principes de la Communaut\u00e9 et pr\u00e9conise la promotion et la consolidation d&rsquo;un syst\u00e8me d\u00e9mocratique de gouvernance dans chaque \u00c9tat membre, comme le pr\u00e9voit la d\u00e9claration de principes politiques adopt\u00e9e \u00e0 Abuja le 6 juillet 1991. Enfin, la CEDEAO d\u00e9fend la r\u00e9partition \u00e9quitable et juste des co\u00fbts et des avantages de la coop\u00e9ration et de l&rsquo;int\u00e9gration \u00e9conomiques.<\/p>\n\n<p>La CEDEAO envisage une r\u00e9gion sans fronti\u00e8res o\u00f9 la population a acc\u00e8s \u00e0 ses ressources abondantes et peut les exploiter en cr\u00e9ant des opportunit\u00e9s dans un environnement durable. Dans le cadre de sa vision globale, il pr\u00e9voit la cr\u00e9ation d&rsquo;une r\u00e9gion int\u00e9gr\u00e9e o\u00f9 la population jouit de la libre circulation transfrontali\u00e8re, de l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 des syst\u00e8mes d&rsquo;\u00e9ducation et de sant\u00e9 efficaces, exerce des activit\u00e9s \u00e9conomiques et commerciales et vit dans la dignit\u00e9, dans un environnement de paix et de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n<p><strong>L&rsquo;Alliance des \u00c9tats africains<\/strong><\/p>\n\n<p>Le 16 septembre 2023, \u00e0 Bamako, au Mali, les gouvernements du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont cr\u00e9\u00e9 une nouvelle alliance r\u00e9gionale, l&rsquo;Alliance des \u00c9tats du Sahel (AES). L&rsquo;accord, formalis\u00e9 par la Charte du Liptako-Gourma, vise \u00e0 cr\u00e9er un cadre de d\u00e9fense collective et d&rsquo;assistance mutuelle afin de mieux prot\u00e9ger et servir leurs populations. Sur le plan \u00e9conomique, ils visent \u00e0 adopter une nouvelle monnaie commune, le Sahel, pour remplacer le franc CFA. Le colonel Assimi Go\u00efta, chef du gouvernement de transition du Mali, a soulign\u00e9 l&rsquo;importance de cette alliance pour relever les d\u00e9fis communs auxquels ces nations sont confront\u00e9es. \u00ab\u00a0La charte du Liptako-Gourma est con\u00e7ue pour garantir que nos populations b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;une structure solide de d\u00e9fense collective et d&rsquo;assistance mutuelle\u00a0\u00bb, a-t-il \u00e9crit, soulignant l&rsquo;urgence d&rsquo;une coop\u00e9ration r\u00e9gionale.<\/p>\n\n<p>La recherche d&rsquo;une telle solidarit\u00e9 r\u00e9gionale remonte \u00e0 la p\u00e9riode postcoloniale imm\u00e9diate, lorsque les nations africaines cherchaient \u00e0 forger leur unit\u00e9 et leur coop\u00e9ration. Entre 1958 et 1963, le Ghana et la Guin\u00e9e ont fait partie de l&rsquo;Union des \u00c9tats africains, consid\u00e9r\u00e9e comme le fondement d&rsquo;une unit\u00e9 panafricaine plus large. Le Mali a adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 cette union entre 1961 et 1963, refl\u00e9tant une aspiration pr\u00e9coce \u00e0 la force collective et au progr\u00e8s partag\u00e9 sur le continent.<\/p>\n\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le Burkina Faso, le Mali, le Niger et d&rsquo;autres pays du Sahel ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s \u00e0 la mont\u00e9e en puissance des forces islamiques radicales, exacerb\u00e9e par la d\u00e9stabilisation cons\u00e9cutive \u00e0 l&rsquo;intervention de l&rsquo;OTAN en Libye en 2011. Cette instabilit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;un des principaux moteurs du d\u00e9sir d&rsquo;une coop\u00e9ration r\u00e9gionale plus \u00e9troite.<\/p>\n\n<p>La frustration \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;ancienne puissance coloniale, la France, a \u00e9t\u00e9 palpable dans toute la r\u00e9gion, ce qui a conduit \u00e0 une s\u00e9rie de coups d&rsquo;\u00c9tat : deux au Burkina Faso, deux au Mali, et un en Guin\u00e9e, au Niger et au Gabon. Ce m\u00e9contentement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 a donn\u00e9 lieu \u00e0 des manifestations de masse, de l&rsquo;Alg\u00e9rie au Congo et, plus r\u00e9cemment, au B\u00e9nin, pour r\u00e9clamer la fin de l&rsquo;influence fran\u00e7aise.<\/p>\n\n<p>Le sentiment anti-fran\u00e7ais a entra\u00een\u00e9 des changements g\u00e9opolitiques importants. Les troupes fran\u00e7aises ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9es du Sahel, le Mali a supprim\u00e9 le fran\u00e7ais comme langue officielle et, au Niger, l&rsquo;ambassadeur de France Sylvain Itt\u00e9 s&rsquo;est retrouv\u00e9 d\u00e9tenu. Le pr\u00e9sident fran\u00e7ais Emmanuel Macron a qualifi\u00e9 la situation de l&rsquo;ambassadeur d'\u00a0\u00bbotage\u00a0\u00bb, soulignant le profond ressentiment \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des actions et de la pr\u00e9sence de la France dans la r\u00e9gion.<\/p>\n\n<p>La formation de l&rsquo;AES marque une \u00e9tape importante vers l&rsquo;autonomie et l&rsquo;unit\u00e9 r\u00e9gionale pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Alors que ces nations naviguent dans le paysage complexe des h\u00e9ritages post-coloniaux et des menaces s\u00e9curitaires contemporaines, leur alliance repr\u00e9sente un effort concert\u00e9 pour forger un avenir de soutien mutuel et de r\u00e9silience collective.<\/p>\n\n<p><strong>Points forts des \u00e9conomies des pays de l&rsquo;Alliance<\/strong><\/p>\n\n<p><strong>Burkina Faso<\/strong><\/p>\n\n<p>Selon les Perspectives \u00e9conomiques en Afrique 2023 de la Banque africaine de d\u00e9veloppement, la croissance du PIB r\u00e9el du Burkina Faso est tomb\u00e9e \u00e0 3,2 % en 2022, contre 6,9 % en 2021, car les activit\u00e9s extractives ont chut\u00e9 de 13,6 % en 2022, alors qu&rsquo;elles avaient progress\u00e9 de 7,3 % en 2021. Cette chute est due \u00e0 la fermeture de plusieurs mines pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9. L&rsquo;instabilit\u00e9 sociopolitique, les coups d&rsquo;\u00c9tat militaires, la d\u00e9t\u00e9rioration de l&rsquo;environnement s\u00e9curitaire et les effets de l&rsquo;invasion de l&rsquo;Ukraine par la Russie sont d&rsquo;autres facteurs du ralentissement \u00e9conomique. Le rapport indique que l&rsquo;agriculture (en hausse de 10,3 % en 2022 apr\u00e8s une baisse de 12,3 % en 2021) et le secteur tertiaire (en hausse de 6,6 % en 2022 contre 13,5 % en 2021) ont contribu\u00e9 \u00e0 la croissance. Du c\u00f4t\u00e9 de la demande, l&rsquo;investissement public a chut\u00e9. L&rsquo;inflation a grimp\u00e9 \u00e0 14,4 % en 2022 en raison de l&rsquo;augmentation des importations de produits alimentaires et de p\u00e9trole. Le financement du secteur bancaire par le secteur priv\u00e9 est pass\u00e9 \u00e0 16 % en 2022. Le d\u00e9ficit budg\u00e9taire s&rsquo;est creus\u00e9 pour atteindre 8,5 % du PIB en 2022, contre 6,3 % en 2021, apr\u00e8s que les d\u00e9penses publiques ont augment\u00e9 pour atteindre 26,1 % du PIB en 2022, contre 25,6 % en 2021, afin de r\u00e9pondre aux d\u00e9fis s\u00e9curitaires et humanitaires et de fournir des subventions p\u00e9troli\u00e8res. Mais les recettes fiscales ont \u00e9galement augment\u00e9, passant de 15,2 % du PIB en 2021 \u00e0 16,3 % en 2022.<\/p>\n\n<p>La dette publique \u00e9tait estim\u00e9e \u00e0 57,2 % du PIB en 2022, contre 47,1 % en 2021, ce qui sugg\u00e8re un risque mod\u00e9r\u00e9 de surendettement. La balance des op\u00e9rations courantes est devenue d\u00e9ficitaire \u00e0 hauteur de 5,2 % du PIB, apr\u00e8s un exc\u00e9dent de 0,4 % en 2021, en raison de la hausse des co\u00fbts des importations de denr\u00e9es alimentaires et d&rsquo;\u00e9nergie et d&rsquo;une faible augmentation des exportations. Le contexte s\u00e9curitaire et la crise humanitaire qui en d\u00e9coule ont exacerb\u00e9 la pauvret\u00e9 dans les zones rurales (estim\u00e9e \u00e0 51,1 % en 2019) ainsi que le ch\u00f4mage (57 % de la population \u00e2g\u00e9e de 15 ans et plus).<\/p>\n\n<p><strong>Perspectives et risques<\/strong><\/p>\n\n<p>Le rapport note que le PIB r\u00e9el devrait cro\u00eetre de 3,7 % en 2023 et de 3,9 % en 2024, soit moins que la moyenne de 6 % pour 2017-19, en raison de l&rsquo;instabilit\u00e9 sociopolitique et de la d\u00e9t\u00e9rioration de l&rsquo;environnement s\u00e9curitaire. La politique mon\u00e9taire restrictive de la Banque centrale des \u00c9tats de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest et l&rsquo;am\u00e9lioration des disponibilit\u00e9s alimentaires devraient r\u00e9duire l&rsquo;inflation \u00e0 6,1 % en 2023 et \u00e0 3,7 % en 2024. Le d\u00e9ficit budg\u00e9taire devrait tomber \u00e0 6,1 % du PIB en 2023 et \u00e0 5,2 % en 2024, malgr\u00e9 les besoins accrus pour faire face aux d\u00e9fis s\u00e9curitaires et humanitaires, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;augmentation des recettes fiscales. La dette publique devrait rester soutenable et atteindre 62 % du PIB en 2023 et 2024 en raison d&rsquo;une augmentation des obligations du Tr\u00e9sor \u00e9mises pour combler le d\u00e9ficit budg\u00e9taire. Le d\u00e9ficit de la balance courante devrait se r\u00e9duire \u00e0 3,1 % du PIB en 2023 et \u00e0 2,9 % en 2024. Les vents contraires possibles sont un retard dans le r\u00e9tablissement de l&rsquo;ordre constitutionnel, une d\u00e9t\u00e9rioration prononc\u00e9e de la situation en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9, des pressions inflationnistes et une baisse des prix des mati\u00e8res premi\u00e8res export\u00e9es (or et coton).<\/p>\n\n<p><strong>Questions relatives au changement climatique et options politiques<\/strong><\/p>\n\n<p>Selon les Perspectives \u00e9conomiques en Afrique (2023), le Burkina Faso reste tr\u00e8s vuln\u00e9rable au changement climatique et vise \u00e0 r\u00e9duire ses \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre de 29,4 % d&rsquo;ici \u00e0 2030. On estime \u00e0 636,9 millions de dollars par an les besoins de financement pour l&rsquo;adaptation et l&rsquo;att\u00e9nuation sur la p\u00e9riode 2021-30, mais seulement 284,5 millions de dollars par an ont \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9s sur la p\u00e9riode 2010-20, principalement aupr\u00e8s de partenaires internationaux. Le secteur priv\u00e9 et le secteur bancaire participent au financement de la lutte contre le changement climatique par l&rsquo;interm\u00e9diaire du Fonds d&rsquo;intervention pour l&rsquo;environnement et de Coris Bank International (du Fonds vert pour le climat).<\/p>\n\n<p>Pourtant, le secteur priv\u00e9 est confront\u00e9 \u00e0 plusieurs obstacles, notamment la faible disponibilit\u00e9 des ressources consacr\u00e9es aux investissements verts, le co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 des investissements dans l&rsquo;adaptation au changement climatique et la m\u00e9connaissance des modalit\u00e9s d&rsquo;acc\u00e8s aux fonds climatiques. Le pays devrait donc adopter des instruments financiers verts tels que les obligations vertes pour mobiliser des ressources suppl\u00e9mentaires, adopter des incitations fiscales pour encourager les investissements verts et renforcer la capacit\u00e9 du secteur priv\u00e9 \u00e0 concevoir des projets \u00e9cologiques susceptibles d&rsquo;\u00eatre financ\u00e9s. Les secteurs agricole, forestier et pastoral (22 % du PIB en 2011-22) et le secteur minier (10,7 %) sont essentiels \u00e0 la cr\u00e9ation de richesses. Ces secteurs emploient pr\u00e8s de 80 % de la main-d&rsquo;\u0153uvre. S&rsquo;il est exploit\u00e9 de mani\u00e8re durable, le capital naturel, estim\u00e9 \u00e0 50,8 milliards de dollars en 2018, pourrait contribuer au financement de la lutte contre le changement climatique et \u00e0 la croissance verte.<\/p>\n\n<p><strong>La R\u00e9publique du Mali<\/strong><\/p>\n\n<p>Le rapport sur les Perspectives \u00e9conomiques en Afrique indique que le PIB r\u00e9el du Mali a augment\u00e9 de 3,7 % en 2022, contre 3,1 % en 2021, gr\u00e2ce aux secteurs primaire et secondaire, notamment la production c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re (en hausse de 16,7 %) et la production industrielle d&rsquo;or (en hausse de 4,4 %), ainsi qu&rsquo;\u00e0 la hausse de la consommation des m\u00e9nages et des administrations publiques. L&rsquo;inflation est pass\u00e9e de 3,9 % en 2021 \u00e0 9,7 % en 2022, ce qui a entra\u00een\u00e9 trois augmentations de 25 points de base des taux directeurs de la Banque centrale des \u00c9tats de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest. Le d\u00e9ficit budg\u00e9taire s&rsquo;est creus\u00e9 pour atteindre 5,0 % du PIB en 2022, contre 4,9 % en 2021. Sur les 1 348,0 milliards de francs CFA (2,3 milliards de dollars) de besoin de financement en 2022, 83,3 % ont \u00e9t\u00e9 couverts par des financements int\u00e9rieurs, notamment sur le march\u00e9 financier de l&rsquo;Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire ouest-africaine (96,8 % des financements int\u00e9rieurs), l\u00e0 o\u00f9 le Tr\u00e9sor public malien n&rsquo;a lev\u00e9 que 71,9 % de ses objectifs de ressources.<\/p>\n\n<p>La dette publique est tomb\u00e9e \u00e0 49,9 % du PIB en 2022, contre 52,0 % en 2021, mais le risque de surendettement reste mod\u00e9r\u00e9. Le d\u00e9ficit de la balance courante s&rsquo;est r\u00e9duit \u00e0 7,2 % du PIB en 2022, contre 7,7 % en 2021, les exportations ayant augment\u00e9 davantage que les importations (20 % contre 10 %). Le syst\u00e8me bancaire (comprenant 14 banques et 3 institutions financi\u00e8res assimil\u00e9es \u00e0 des banques) a enregistr\u00e9 une nette am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de son portefeuille, avec une diminution du ratio des pr\u00eats non productifs \u00e0 4,2 % en d\u00e9cembre 2022, contre 4,7 % en d\u00e9cembre 2021. Les conditions sociales se sont d\u00e9t\u00e9rior\u00e9es en 2022 : le taux de pauvret\u00e9 est pass\u00e9 de 44,6 % en 2021 \u00e0 45,4 %, 1,3 million de personnes suppl\u00e9mentaires ont besoin d&rsquo;une aide humanitaire, 20 % des \u00e9coles sont ferm\u00e9es et 2,5 millions de personnes ne b\u00e9n\u00e9ficient pas d&rsquo;une couverture m\u00e9dicale.<\/p>\n\n<p><strong>Perspectives et risques<\/strong><\/p>\n\n<p>Le PIB r\u00e9el devrait augmenter de 5,1 % en 2023 et de 5,3 % en 2024, gr\u00e2ce \u00e0 la reprise de la production de coton, aux activit\u00e9s extractives (d\u00e9couverte de lithium), \u00e0 la production industrielle d&rsquo;or, au lancement de nouvelles industries et \u00e0 la restructuration d&rsquo;industries en difficult\u00e9. L&rsquo;inflation devrait se mod\u00e9rer \u00e0 2,6 % en 2023 et \u00e0 2,4 % en 2024 en raison de la forte production c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re (qui devrait bondir de 7,7 % en 2023 et de 5,1 % en 2024), conjugu\u00e9e \u00e0 la suspension temporaire des exportations de c\u00e9r\u00e9ales. Le d\u00e9ficit budg\u00e9taire devrait se r\u00e9duire \u00e0 4,8 % du PIB en 2023 et \u00e0 4,1 % en 2024, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;introduction du syst\u00e8me int\u00e9gr\u00e9 de gestion de la fonction publique.<\/p>\n\n<p>La dette publique devrait atteindre 53,4 % du PIB en 2023, avant de retomber \u00e0 53,3 % en 2024, avec un effet d&rsquo;\u00e9viction sur le cr\u00e9dit aux entreprises priv\u00e9es \u00e0 partir de 2023 et une dette int\u00e9rieure (27,6 % du PIB) susceptible de d\u00e9passer la dette ext\u00e9rieure (25,8 %). Le d\u00e9ficit de la balance courante devrait se r\u00e9duire \u00e0 6,6 % du PIB en 2023 (la strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement des exportations 2022-2025 devant permettre d&rsquo;augmenter les exportations de 25 % d&rsquo;ici 2025), mais se creuser \u00e0 6,8 % en 2024. Parmi les vents contraires possibles, citons les nouvelles sanctions de la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest r\u00e9sultant des changements apport\u00e9s au calendrier consensuel des \u00e9lections, l&rsquo;absence de s\u00e9curit\u00e9 et l&rsquo;impact du changement climatique.<\/p>\n\n<p><strong>Changement climatique et options politiques<\/strong><\/p>\n\n<p>Le co\u00fbt des mesures d&rsquo;att\u00e9nuation pour 2020-30 est de 3 milliards de dollars et le financement de l&rsquo;adaptation est estim\u00e9 \u00e0 environ 8 milliards de dollars. Pour mobiliser les ressources n\u00e9cessaires, le Mali devra s&rsquo;appuyer sur un ensemble de sources de financement internes et externes. Le d\u00e9ficit de financement pourrait \u00eatre substantiel, bien que le nombre de parties impliqu\u00e9es le rende difficile \u00e0 estimer. Le secteur priv\u00e9 dispose d&rsquo;un potentiel consid\u00e9rable, y compris le Fonds de garantie du secteur priv\u00e9. Le gouvernement a d\u00e9sign\u00e9 la Banque nationale de d\u00e9veloppement agricole et la Banque de d\u00e9veloppement du Mali pour \u00eatre accr\u00e9dit\u00e9es par le Fonds vert pour le climat. Un plan strat\u00e9gique a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 pour garantir que le secteur priv\u00e9 joue un r\u00f4le actif dans le financement de la lutte contre le changement climatique. Les investissements priv\u00e9s en faveur du climat sont orient\u00e9s vers l&rsquo;\u00e9nergie, la gestion des d\u00e9chets, la sylviculture et l&rsquo;agriculture.<\/p>\n\n<p>Le secteur priv\u00e9 pourrait profiter de l&rsquo;\u00e9norme potentiel du pays, car le Mali poss\u00e8de l&rsquo;un des plus grands potentiels d&rsquo;\u00e9nergie solaire et les plus grandes r\u00e9serves d&rsquo;hydrog\u00e8ne naturel au monde. Les obstacles au financement priv\u00e9 du climat sont le manque d&rsquo;information sur les opportunit\u00e9s, le manque de formation aux proc\u00e9dures d&rsquo;acc\u00e8s au financement du climat, la faible participation \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration des strat\u00e9gies de lutte contre le changement climatique et l&rsquo;acc\u00e8s limit\u00e9 au financement international.<\/p>\n\n<p>Les solutions \u00e0 ces d\u00e9fis n\u00e9cessiteront une formation aux processus d&rsquo;acc\u00e8s aux fonds climatiques, une sensibilisation \u00e0 la nature et aux impacts du changement climatique, l&rsquo;\u00e9mission d&rsquo;obligations vertes, l&rsquo;acc\u00e8s aux m\u00e9canismes de d\u00e9veloppement propre, la vente de cr\u00e9dits carbone, l&rsquo;adoption d&rsquo;une fiscalit\u00e9 \u00e9cologique et la cr\u00e9ation d&rsquo;un guichet de pr\u00eat au secteur priv\u00e9 pour le Fonds vert pour le climat.<\/p>\n\n<p><strong>Niger<\/strong><\/p>\n\n<p>Situ\u00e9 au c\u0153ur du Sahel, le Niger a une \u00e9conomie peu diversifi\u00e9e et d\u00e9pend de l&rsquo;agriculture pour 40 % de son PIB, selon la Banque mondiale. Le taux d&rsquo;extr\u00eame pauvret\u00e9 devrait atteindre 52,0 % en 2023 en raison d&rsquo;une croissance n\u00e9gative par habitant et d&rsquo;une hausse de l&rsquo;inflation, ce qui, par rapport \u00e0 2022, augmentera la population extr\u00eamement pauvre de pr\u00e8s de 1,1 million de personnes, portant le total \u00e0 14,1 millions de personnes en 2023.<\/p>\n\n<p>En 2023, l&rsquo;UNOCHA a indiqu\u00e9 que 4,3 millions de personnes, soit 17 % de la population, avaient besoin d&rsquo;une aide humanitaire au Niger, contre 3,7 millions en 2022. En janvier 2024, selon le HCR, le Niger avait accueilli pr\u00e8s de 690 000 r\u00e9fugi\u00e9s, demandeurs d&rsquo;asile et personnes d\u00e9plac\u00e9es \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du pays (PDI). La majorit\u00e9 de ces r\u00e9fugi\u00e9s sont h\u00e9berg\u00e9s dans les r\u00e9gions de Tillaberi, Tahoua et Diffa.<\/p>\n\n<p><strong>Contexte politique<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n<p>Mohamed Bazoum a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu pr\u00e9sident lors des \u00e9lections de d\u00e9cembre 2020 et f\u00e9vrier 2021. Il a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 succ\u00e9der d\u00e9mocratiquement \u00e0 son pr\u00e9d\u00e9cesseur. Mais le 26 juillet 2023, les membres de sa garde pr\u00e9sidentielle l&rsquo;ont d\u00e9mis de ses fonctions, justifiant leur d\u00e9cision en disant qu&rsquo;ils voulaient \u00e9viter d&rsquo;autres probl\u00e8mes \u00e9conomiques et de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n<p>\u00c0 la suite de ce coup d&rsquo;\u00c9tat, lors d&rsquo;un sommet d&rsquo;urgence tenu au Nigeria le 30 juillet 2023, la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest (CEDEAO) a fermement condamn\u00e9 le coup d&rsquo;\u00c9tat et a impos\u00e9 des sanctions s\u00e9v\u00e8res \u00e0 l&rsquo;encontre du pays. Ces sanctions comprennent la fermeture des fronti\u00e8res terrestres et a\u00e9riennes avec le Niger, ainsi que des sanctions financi\u00e8res telles que le gel des transactions de services, y compris les services publics, l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 et le gel des avoirs nig\u00e9riens \u00e0 la banque centrale r\u00e9gionale (BCEAO). Ces sanctions ont eu un impact profond\u00e9ment n\u00e9gatif sur la population, notamment en augmentant le co\u00fbt de la vie et en provoquant une p\u00e9nurie d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, le Nigeria ayant cess\u00e9 de fournir de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 au Niger. Les sanctions ont \u00e9t\u00e9 lev\u00e9es par la CEDEAO le 24 f\u00e9vrier 2024, suite \u00e0 l&rsquo;annonce par le Niger et d&rsquo;autres pays de l&rsquo;Alliance des \u00c9tats du Sahel (AES), dont le Burkina Faso et le Mali, de leur retrait de la CEDEAO.<\/p>\n\n<p><strong>Situation \u00e9conomique<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n<p>La croissance \u00e9conomique en 2023 ne devrait \u00eatre que de 1,2 % en raison des effets combin\u00e9s des crises politiques, s\u00e9curitaires et climatiques. Les sanctions commerciales de la CEDEAO et la fermeture des fronti\u00e8res ont r\u00e9duit ou retard\u00e9 les exportations, y compris les exportations de p\u00e9trole brut par l&rsquo;ol\u00e9oduc r\u00e9cemment achev\u00e9 et mis en service. L&rsquo;insuffisance des pr\u00e9cipitations, les parasites des cultures, les inondations localis\u00e9es, la baisse de la fertilit\u00e9 des sols et l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 dans certaines zones de production cl\u00e9s ont r\u00e9duit la production agricole, malgr\u00e9 une forte production de l&rsquo;agriculture irrigu\u00e9e. Les sanctions ont \u00e9galement entra\u00een\u00e9 des pertes dans le secteur priv\u00e9, une crise de liquidit\u00e9 et une d\u00e9t\u00e9rioration des portefeuilles dans le secteur bancaire.<\/p>\n\n<p>Apr\u00e8s avoir baiss\u00e9 cons\u00e9cutivement entre janvier et juillet 2023, l&rsquo;inflation a augment\u00e9 de fa\u00e7on continue depuis ao\u00fbt 2023 en raison de la faible production agricole et de la fermeture des fronti\u00e8res. Pour lutter contre l&rsquo;inflation dans les pays de l&rsquo;UEMOA, la Banque centrale des \u00c9tats de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest (BCEAO) a relev\u00e9 les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat directeurs de 150 points de base cumul\u00e9s depuis la mi-2022, \u00e0 3,5 % pour les appels de fonds et \u00e0 5,5 % pour la facilit\u00e9 de pr\u00eat marginal. Toutefois, l&rsquo;inflation dans la r\u00e9gion (3,7 % en 2023) reste sup\u00e9rieure \u00e0 l&rsquo;objectif de 3 % et les r\u00e9serves de change sont en baisse, estim\u00e9es \u00e0 3,5 mois d&rsquo;importations \u00e0 la fin de 2023, contre 4,3 mois \u00e0 la fin de 2022.<\/p>\n\n<p>La hausse des prix des denr\u00e9es alimentaires devrait accro\u00eetre le taux de pauvret\u00e9 et a entra\u00een\u00e9 une augmentation des niveaux d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire, avec 2,3 millions de personnes estim\u00e9es en situation d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire s\u00e9v\u00e8re au cours de la p\u00e9riode novembre-d\u00e9cembre 2023, selon l&rsquo;analyse du Cadre Harmonis\u00e9.<\/p>\n\n<p>En r\u00e9ponse aux sanctions et \u00e0 l&rsquo;interruption du financement ext\u00e9rieur, les autorit\u00e9s ont r\u00e9vis\u00e9 le budget 2023 en r\u00e9duisant les d\u00e9penses d&rsquo;investissement. Le d\u00e9ficit budg\u00e9taire pour 2023 devrait \u00eatre de 3,9 % du PIB et la dette publique devrait atteindre 58,2 % du PIB. Le gouvernement a accumul\u00e9 des arri\u00e9r\u00e9s domestiques, ainsi que des arri\u00e9r\u00e9s aupr\u00e8s des institutions de d\u00e9veloppement r\u00e9gionales et internationales.<\/p>\n\n<p><strong>Perspectives<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n<p>Avec la lev\u00e9e des sanctions \u00e0 la fin du mois de f\u00e9vrier, la croissance devrait remonter \u00e0 6,9 % en 2024 selon les hypoth\u00e8ses suivantes : (i) Le Niger &#8211; ainsi que le Burkina Faso et le Mali &#8211; quitte de mani\u00e8re ordonn\u00e9e la CEDEAO en 2025 et reste membre de l&rsquo;UEMOA ; (ii) la production et l&rsquo;exportation de p\u00e9trole \u00e0 grande \u00e9chelle sont effectives ; (iii) le financement du d\u00e9veloppement international reprend au premier semestre 2024 ; (iv) la campagne agricole n&rsquo;est pas soumise \u00e0 des chocs climatiques ; et (v) il n&rsquo;y a pas de nouvelle d\u00e9t\u00e9rioration de la situation en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9. Toutefois, les niveaux de PIB seraient nettement inf\u00e9rieurs en 2024 et 2025 par rapport \u00e0 leur trajectoire pr\u00e9vue avant le coup d&rsquo;\u00c9tat. L&rsquo;inflation devrait se mod\u00e9rer pour atteindre 3,5 % en 2024 \u00e0 la suite de la lev\u00e9e des sanctions et de la baisse des prix des denr\u00e9es alimentaires cons\u00e9cutive \u00e0 la reprise des importations \u00e0 grande \u00e9chelle.<\/p>\n\n<p>Le taux de pauvret\u00e9 extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9 devrait diminuer de 2 points de pourcentage pour atteindre 50,0 % d&rsquo;ici 2026, gr\u00e2ce \u00e0 une croissance solide dans les secteurs des services et de l&rsquo;agriculture et \u00e0 des politiques qui utilisent l&rsquo;augmentation des recettes p\u00e9troli\u00e8res pour la population. Toutefois, en raison de la croissance d\u00e9mographique, le nombre de personnes extr\u00eamement pauvres augmenterait de 1,9 million au cours de la p\u00e9riode 2023-2026.<\/p>\n\n<p>Les recettes en 2024, y compris les dons, devraient se situer autour de 11,0 % du PIB, soit un niveau inf\u00e9rieur \u00e0 celui pr\u00e9vu dans le budget approuv\u00e9, ce qui entra\u00eenerait probablement un rationnement des d\u00e9penses en capital. Avec un acc\u00e8s limit\u00e9 au financement, le d\u00e9ficit budg\u00e9taire devrait s&rsquo;\u00e9lever \u00e0 2,6 % du PIB, compte tenu de l&rsquo;accumulation d&rsquo;arri\u00e9r\u00e9s int\u00e9rieurs.<\/p>\n\n<p>Selon les Perspectives \u00e9conomiques en Afrique pour 2023 de la BAD, la croissance du PIB r\u00e9el du Niger a rebondi \u00e0 7,2 % en 2022, gr\u00e2ce \u00e0 de solides performances dans tous les secteurs, en particulier les services primaires et tertiaires (qui ont augment\u00e9 de 7 %), du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;offre, et aux grands projets d&rsquo;infrastructure en cours du c\u00f4t\u00e9 de la demande. L&rsquo;inflation a d\u00e9pass\u00e9 l&rsquo;objectif de 3 % fix\u00e9 par l&rsquo;Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire ouest-africaine (UEMOA), sous l&rsquo;effet de la hausse des prix des denr\u00e9es alimentaires \u00e0 la consommation et de la d\u00e9t\u00e9rioration de la situation \u00e9conomique internationale. Le d\u00e9ficit budg\u00e9taire s&rsquo;est creus\u00e9 pour atteindre 6,6 % du PIB en 2022, contre 6,1 % en 2021, en raison d&rsquo;une augmentation des d\u00e9penses publiques sup\u00e9rieure \u00e0 celle des recettes publiques. Les contraintes qui p\u00e8sent sur les r\u00e9sultats budg\u00e9taires sont toujours d&rsquo;ordre structurel (assiette fiscale, structure \u00e9conomique, besoins \u00e9conomiques et sociaux, etc.) et conjoncturel (baisse du prix mondial de l&rsquo;uranium, fermeture de la fronti\u00e8re avec le Nigeria).<\/p>\n\n<p>Le d\u00e9ficit budg\u00e9taire a \u00e9t\u00e9 financ\u00e9 principalement par des ressources ext\u00e9rieures (appui budg\u00e9taire et projets), essentiellement sous forme de dons. La dette publique a l\u00e9g\u00e8rement augment\u00e9, passant de 50,9 % du PIB en 2021 \u00e0 51,2 % en 2022. Les emprunts \u00e9trangers repr\u00e9sentaient 65% de la dette publique &#8211; en dessous de l&rsquo;objectif de l&rsquo;UEMOA &#8211; entra\u00eenant un risque mod\u00e9r\u00e9 de surendettement. Le d\u00e9ficit chronique des comptes courants s&rsquo;est creus\u00e9 pour atteindre 15,1 % du PIB en 2022, contre 13,9 % en 2021, financ\u00e9 par des pr\u00eats concessionnels et des investissements directs \u00e9trangers, qui ont consid\u00e9rablement augment\u00e9 entre 2017 et 2020. La situation sociale reste pr\u00e9caire, avec un taux de pauvret\u00e9 extr\u00eame de 42 % en 2021.<\/p>\n\n<p><strong>Perspectives et risques<\/strong><\/p>\n\n<p>Le PIB r\u00e9el devrait augmenter de 7,0 % en 2023 et de 11,8 % en 2024, tous les secteurs enregistrant une croissance d&rsquo;au moins 5 %. La consommation et l&rsquo;augmentation des investissements dans le secteur p\u00e9trolier, ainsi que les exportations rendues possibles par le nouvel ol\u00e9oduc, devraient stimuler la croissance du PIB. Les vents contraires possibles sont l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9, le changement climatique, la d\u00e9t\u00e9rioration de la situation \u00e9conomique internationale, etc. L&rsquo;inflation sera contenue en dessous de l&rsquo;objectif de 3% fix\u00e9 par l&rsquo;UEMOA.<\/p>\n\n<p>Les finances publiques devraient se consolider, gr\u00e2ce \u00e0 une augmentation substantielle des recettes publiques provenant de la production p\u00e9troli\u00e8re, et la qualit\u00e9 des d\u00e9penses publiques s&rsquo;am\u00e9liore dans le cadre de la nouvelle strat\u00e9gie de r\u00e9forme des finances publiques. La dette publique devrait rester viable, la plupart des emprunts ext\u00e9rieurs \u00e9tant contract\u00e9s \u00e0 des conditions pr\u00e9f\u00e9rentielles. Les d\u00e9ficits de la balance courante et de la balance commerciale devraient se r\u00e9duire. Les conditions sociales devraient \u00e9galement s&rsquo;am\u00e9liorer, gr\u00e2ce \u00e0 la reprise \u00e9conomique et aux mesures de renforcement de la r\u00e9silience pr\u00e9vues dans le nouveau plan de d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social 2022-2026.<\/p>\n\n<p><strong>Questions relatives au changement climatique et options politiques<\/strong><\/p>\n\n<p>Le Niger est tr\u00e8s expos\u00e9 et vuln\u00e9rable aux effets du changement climatique li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie, car le pays a des besoins \u00e9nerg\u00e9tiques importants pour son d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social. L&rsquo;objectif du pays est de respecter ses engagements dans le cadre de l&rsquo;Accord de Paris, notamment en ce qui concerne la limitation de la hausse des temp\u00e9ratures \u00e0 moins de 2\u00b0C, voire 1,5\u00b0C, d&rsquo;ici \u00e0 2050. Pour relever ce d\u00e9fi et mettre en \u0153uvre la feuille de route de la contribution r\u00e9vis\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e au niveau national, le Niger a \u00e9labor\u00e9 une strat\u00e9gie de financement du secteur priv\u00e9.<\/p>\n\n<p>La strat\u00e9gie d\u00e9finit cinq domaines d&rsquo;intervention : Ceux-ci comprennent la mobilisation et l&rsquo;implication de l&rsquo;industrie priv\u00e9e et des organisations professionnelles dans l&rsquo;adaptation, la planification, la mise en \u0153uvre, le suivi et l&rsquo;\u00e9valuation des projets dans le cadre de la strat\u00e9gie.<\/p>\n\n<p>Une deuxi\u00e8me intervention dans le cadre de la strat\u00e9gie est la mise \u00e0 jour de la vue d&rsquo;ensemble de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;avancement du march\u00e9 en identifiant les secteurs les plus prometteurs et les plus int\u00e9ressants pour les entreprises, en dressant un inventaire des entreprises dans ces secteurs ou ayant le potentiel d&rsquo;y participer, et en proc\u00e9dant \u00e0 une \u00e9valuation des besoins de financement. D&rsquo;autres interventions consisteront \u00e0 mobiliser des ressources financi\u00e8res aupr\u00e8s de bailleurs de fonds priv\u00e9s ainsi que de parties prenantes et d&rsquo;entreprises priv\u00e9es, et \u00e0 mettre en \u0153uvre un plan de travail et un budget annuels. La strat\u00e9gie comprendra \u00e9galement la promotion de l&rsquo;innovation en mati\u00e8re de technologies climatiques et des programmes de renforcement des capacit\u00e9s, de formation et d&rsquo;assistance technique pour les entreprises du secteur.<\/p>\n\n<p><strong>Bloc \u00e9conomique AES<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n<p>Selon l&rsquo;agence Ecofin, les trois pays de l&rsquo;AES auront un PIB combin\u00e9 de 62,3 milliards de dollars. Selon le FMI, le Burkina Faso ouvrira la voie, d\u00e9passant son voisin le Mali. L&rsquo;agence indique que Ouagadougou restera n\u00e9anmoins loin derri\u00e8re la premi\u00e8re \u00e9conomie de la r\u00e9gion, la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire, qui affichera un PIB de 86,9 milliards de dollars cette ann\u00e9e.<\/p>\n\n<p>L&rsquo;Agence rappelle que le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) pr\u00e9voit que le Burkina Faso devienne la quatri\u00e8me \u00e9conomie de la zone franc CFA en 2024, d\u00e9passant son voisin le Mali, qui recule d\u00e9sormais \u00e0 la cinqui\u00e8me place, malgr\u00e9 une augmentation de son \u00e9conomie \u00e0 21,6 milliards de dollars (contre 20,6 milliards de dollars).<\/p>\n\n<p>Selon les donn\u00e9es de l&rsquo;institution, l&rsquo;\u00e9conomie du Burkina Faso, estim\u00e9e \u00e0 20,3 milliards de dollars (en prix courants) en 2023, atteindra 21,9 milliards de dollars cette ann\u00e9e, se classant derri\u00e8re la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire, le Cameroun et le S\u00e9n\u00e9gal. Malgr\u00e9 les changements politiques qui ont affect\u00e9 le Burkina Faso et le Mali ces derni\u00e8res ann\u00e9es, notamment leur retrait de la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest (CEDEAO), ces pays sont pr\u00eats \u00e0 passer du franc CFA, qu&rsquo;ils consid\u00e8rent comme une relique du colonialisme, \u00e0 une nouvelle monnaie partag\u00e9e avec le Niger. Toutefois, l&rsquo;impact total sur leur PIB reste incertain, dans l&rsquo;attente de plus amples informations. Principalement tributaires des ressources mini\u00e8res, le Mali et le Burkina Faso connaissent tous deux d&rsquo;importants changements politiques qui pourraient avoir des r\u00e9percussions \u00e9conomiques.<\/p>\n\n<p>Dans la zone franc CFA, la C\u00f4te d&rsquo;Ivoire conserve sa place parmi les principales \u00e9conomies, gr\u00e2ce \u00e0 une croissance \u00e9conomique soutenue et \u00e0 des projets p\u00e9troliers et gaziers en cours. L&rsquo;\u00e9conomie ivoirienne devrait d\u00e9passer les 100 milliards de dollars pour la premi\u00e8re fois en 2026, pour atteindre 109 milliards de dollars en 2027.<\/p>\n\n<p>Classement des \u00e9conomies de la zone CFA en 2024 : projections du FMI :<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>C\u00f4te d&rsquo;Ivoire &#8211; 86,91 milliards de dollars<\/li>\n\n\n\n<li>Cameroun &#8211; 53,20 milliards de dollars<\/li>\n\n\n\n<li>S\u00e9n\u00e9gal &#8211; 35,45 milliards de dollars<\/li>\n\n\n\n<li>Burkina Faso &#8211; 21,90 milliards de dollars<\/li>\n\n\n\n<li>Mali &#8211; 21,66 milliards de dollars<\/li>\n\n\n\n<li>B\u00e9nin &#8211; 21,37 milliards de dollars<\/li>\n\n\n\n<li>Gabon &#8211; 21,01 milliards de dollars<\/li>\n\n\n\n<li>Niger &#8211; 18,81 milliards de dollars<\/li>\n\n\n\n<li>Tchad &#8211; 18,69 milliards de dollars<\/li>\n\n\n\n<li>R\u00e9publique du Congo &#8211; 15,50 milliards de dollars<\/li>\n\n\n\n<li>Guin\u00e9e \u00e9quatoriale &#8211; 10,70 milliards de dollars<\/li>\n\n\n\n<li>Togo &#8211; 9,83 milliards de dollars<\/li>\n\n\n\n<li>R\u00e9publique centrafricaine &#8211; 2,81 milliards de dollars<\/li>\n\n\n\n<li>Guin\u00e9e-Bissau &#8211; 2,15 milliards de dollars<\/li>\n<\/ul>\n\n<p>Selon le bureau du repr\u00e9sentant am\u00e9ricain au commerce, en 2022, juste avant l&rsquo;\u00e9clatement de l&rsquo;AES, les exportations de biens am\u00e9ricains vers la CEDEAO s&rsquo;\u00e9levaient \u00e0 6,7 milliards de dollars, soit une baisse de 3,3 % (226 millions de dollars) par rapport \u00e0 2021 et une baisse de 20 % par rapport \u00e0 2012. Le bureau a \u00e9galement indiqu\u00e9 que les importations de biens am\u00e9ricains en provenance de la CEDEAO s&rsquo;\u00e9levaient \u00e0 9,4 milliards de dollars en 2022, en hausse de 38,8 % (2,6 milliards de dollars) par rapport \u00e0 2021, mais en baisse de 55 % par rapport \u00e0 2012. La balance commerciale des \u00c9tats-Unis avec la CEDEAO est pass\u00e9e d&rsquo;un exc\u00e9dent de 153 millions de dollars en 2021 \u00e0 un d\u00e9ficit de 2,7 milliards de dollars en 2022. Par ailleurs, les investissements directs \u00e9trangers (IDE) am\u00e9ricains dans la CEDEAO (stock) se sont \u00e9lev\u00e9s \u00e0 6,8 milliards de dollars en 2022, soit une baisse de 16,5 % par rapport \u00e0 2021. Les IDE de la CEDEAO aux \u00c9tats-Unis (stock) se sont \u00e9lev\u00e9s \u00e0 0,8 milliard de dollars en 2022, sans changement par rapport \u00e0 2021.<\/p>\n\n<p><strong>Analyse<\/strong><\/p>\n\n<p>M\u00eame en tant que bloc uni, le commerce de la CEDEAO avec les \u00c9tats-Unis n&rsquo;a cess\u00e9 de fluctuer. Il est donc possible que la situation s&rsquo;aggrave maintenant que le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont rompu leurs liens avec le bloc \u00e9conomique. Une grande partie du commerce intrar\u00e9gional \u00e9tant informel et normalement effectu\u00e9 par des entr\u00e9es frontali\u00e8res non approuv\u00e9es, le foss\u00e9 entre la CEDEAO et les membres de l&rsquo;AES, qui sont tous enclav\u00e9s, pourrait porter un coup dur au commerce r\u00e9gional, d&rsquo;autant plus que l&rsquo;int\u00e9gration r\u00e9gionale a \u00e9t\u00e9 lente malgr\u00e9 les efforts de la CEDEAO et de l&rsquo;Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire ouest-africaine (UEMOA) pour tisser un commerce intrar\u00e9gional entre les \u00c9tats membres.<\/p>\n\n<p>Les cons\u00e9quences pourraient \u00eatre encore plus d\u00e9vastatrices pour les citoyens ordinaires des \u00c9tats membres de l&rsquo;AES, qui pourraient ne plus avoir un acc\u00e8s commercial libre \u00e0 leurs r\u00e9seaux dans la r\u00e9gion de la CEDEAO, en raison de la fermeture des fronti\u00e8res et de la restriction de la libre circulation entre les pays enclav\u00e9s du Sahel et les pays c\u00f4tiers. L&rsquo;effet peut \u00eatre d\u00e9vastateur et se r\u00e9percuter sur les autres. Le foss\u00e9 entre la CEDEAO et la SEA risque d&rsquo;affecter les moyens de subsistance de millions d&rsquo;agriculteurs, d&rsquo;\u00e9leveurs, d&rsquo;artisans, d&rsquo;op\u00e9rateurs de transport, d&rsquo;exportateurs, d&rsquo;importateurs, de transporteurs, entre autres. Cette situation pourrait r\u00e9duire \u00e0 n\u00e9ant les efforts d\u00e9ploy\u00e9s par la CEDEAO au cours des cinq derni\u00e8res d\u00e9cennies pour rapprocher les activit\u00e9s \u00e9conomiques entre le Sahel, r\u00e9gion semi-aride, vuln\u00e9rable au climat et ravag\u00e9e par le terrorisme, et le Golfe de Guin\u00e9e.<\/p>\n\n<p>Parce qu&rsquo;ils sont moins industrialis\u00e9s et moins urbanis\u00e9s que leurs voisins c\u00f4tiers, le Burkina Faso, le Mali et le Niger sont plus d\u00e9pendants du commerce r\u00e9gional que ces derniers. Ils d\u00e9pendent principalement des ports de leurs voisins c\u00f4tiers pour presque tout ce qu&rsquo;ils ne fabriquent pas ou ne sont pas en mesure de produire chez eux. Sans acc\u00e8s aux ports de Cotonou, Lom\u00e9, Abidjan ou Tema, le co\u00fbt des importations sah\u00e9liennes montera en fl\u00e8che. Les produits agricoles et le b\u00e9tail, qui constituaient des sources majeures d&rsquo;\u00e9changes intrar\u00e9gionaux, pourraient subir un coup dur.<\/p>\n\n<p>Les pays c\u00f4tiers de la CEDEAO sont de gros importateurs d&rsquo;oignons, de tomates et d&rsquo;autres produits de la r\u00e9gion du Sahel. La situation risque toutefois de favoriser les activit\u00e9s \u00e9conomiques informelles et ill\u00e9gales dans les villes frontali\u00e8res, en particulier la contrebande, qui pose \u00e9galement des probl\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9. Les restrictions \u00e0 la circulation des personnes pourraient \u00e9galement avoir un impact significatif sur les migrations, une situation qui pourrait \u00e0 son tour ouvrir les routes du trafic et de la traite des \u00eatres humains et aggraver le probl\u00e8me des longues et dangereuses randonn\u00e9es des candidats \u00e0 l&rsquo;immigration du Sahel au golfe de Guin\u00e9e, qui esp\u00e8rent atteindre l&rsquo;Europe en passant par le Sahara. Cela signifie que davantage de migrants africains vont mourir dans le d\u00e9sert et la M\u00e9diterran\u00e9e dans leur qu\u00eate d&rsquo;une vie meilleure en Europe.<\/p>\n\n<p><strong>La CEDEAO \u00e0 49 ans et les perspectives de progr\u00e8s<\/strong><\/p>\n\n<p>Le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint de la CEDEAO, Babatunde Paul Ajibade, a d\u00e9clar\u00e9 qu'\u00a0\u00bbau cours des 49 derni\u00e8res ann\u00e9es, gr\u00e2ce \u00e0 des efforts collectifs, la CEDEAO a fait de grands progr\u00e8s en mati\u00e8re d&rsquo;int\u00e9gration \u00e9conomique r\u00e9gionale et de promotion de la gouvernance d\u00e9mocratique et du d\u00e9veloppement durable, tout en mettant l&rsquo;accent sur la paix et la stabilit\u00e9 en Afrique de l&rsquo;Ouest et au Sahel\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n<p>M. Ajibade, qui s&rsquo;exprimait lors d&rsquo;un forum de haut niveau sur la paix et la s\u00e9curit\u00e9 sur le th\u00e8me \u00ab\u00a0R\u00e9gionalisme, d\u00e9mocratie et d\u00e9veloppement en Afrique de l&rsquo;Ouest\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 que \u00ab\u00a0la CEDEAO reste le pionnier de l&rsquo;int\u00e9gration r\u00e9gionale en Afrique : La CEDEAO reste un pionnier de l&rsquo;int\u00e9gration r\u00e9gionale en Afrique. Ses progr\u00e8s t\u00e9moignent de la puissance de l&rsquo;unit\u00e9 et de l&rsquo;impact d&rsquo;une vision commune\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n<p>Il a toutefois not\u00e9 que la r\u00e9gion avait connu une augmentation exponentielle du terrorisme qui avait r\u00e9duit \u00e0 n\u00e9ant les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement. Il a ajout\u00e9 que cette situation avait \u00e9t\u00e9 exacerb\u00e9e par la r\u00e9surgence des changements anticonstitutionnels de gouvernement, qui constituent une menace importante pour la stabilit\u00e9 r\u00e9gionale.<\/p>\n\n<p>\u00ab\u00a0La menace croissante du terrorisme, qui s&rsquo;\u00e9tend du Sahel central aux pays c\u00f4tiers, cr\u00e9e de nouvelles dynamiques et de nouveaux risques de conflit au-del\u00e0 de la r\u00e9gion. Nous assistons \u00e0 une augmentation des besoins humanitaires, ce qui cr\u00e9e une concurrence avec les investissements sociaux n\u00e9cessaires pour renforcer la r\u00e9silience et promouvoir l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des chances pour tous les habitants de la r\u00e9gion\u00a0\u00bb, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 28 mai 1975, les chefs d&rsquo;\u00c9tat et de gouvernement de 15 pays d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest ont cr\u00e9\u00e9 la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest (CEDEAO) en signant le trait\u00e9 de la CEDEAO \u00e0 Lagos, au Nigeria. 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